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La création des studios hollywoodiens

 

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article, et cette semaine on va parler d’histoire du cinéma. Par manque de temps, je ne m’étais pas occupée de cette catégorie depuis l’article sur la représentation des super-héros, que vous pouvez retrouver ici -avouez, ça vous avait manqué !- Pour la reprise de cette catégorie, je voulais vous parler d’un sujet que j’avais en tête depuis un moment : la naissance des studios hollywoodiens. Ils sont omniprésents dans l’industrie cinématographique et ont la mainmise sur cette dernière. Mais comment ces studios ont-ils réussi à s’imposer en si peu de temps et à devenir indispensables au cinéma ?

Avant toute chose, il faut revenir aux origines du cinéma aux Etats-Unis. Dominée par le marché français, l’industrie cinématographique se développe sur la côte Est américaine et particulièrement à New-York. Le Trust Edison regroupe plusieurs producteurs comme Pathé ou Vitagraph par exemple et a pour but de contrôler toute la filière. Il va pour se faire fournir les exploitants en films, en échange d’une redevance hebdomadaire. Face à cela, ceux que l’on appelle les indépendants vont mettre en place diverses stratégies pour faire face au Trust. La demande de films étant plus importante que l’offre, ces indépendants vont réutiliser de vieux films européens -peu coûteux au rachat et qui permettent de faire tourner les diverses pellicules sur le marché- Face à la pression du Trust qui possède la majeure partie du marché, les indépendants vont préférer la Californie, et plus particulièrement Hollywood, à l’agitation new-yorkaise. En plus de permettre aux indépendants de s’éloigner du Trust, la côte Ouest offre plusieurs avantages tels que des terrains et une main d’œuvre à moindre coût -autant dire que c’est le lieu parfait pour monter son studio indépendant- Mais le Trust y installe aussi quelques antennes. A la fin des années 1910, Hollywood devient un pôle majeur du cinéma américain et mondial -la France ayant perdu sa place de leader suite à la Première Guerre mondiale- Se met alors en place le système des Majors, dominé par cinq studios principaux surnommés les Big Five (la Warner Bros. Pictures, la Paramount Pictures, la 20th Century Fox, la RKO et la Metro-Goldwyn-Mayer aka MGM).

Le Warners' Theater, un cinéma affilié au célèbre studio hollywoodien. Source : www.hollywood-et-crise-de-1929.webnode.fr
Le Warners’ Theater, un cinéma affilié au célèbre studio hollywoodien. Source : www.hollywood-et-crise-de-1929.webnode.fr

La particularité de ces Big Five est d’avoir recours à ce que l’on appelle une intégration verticale. La production est loin d’être le secteur le plus enrichissant de l’industrie cinématographique, ce qui pousse les studios à contrôler la totalité de la filière pour accroître leurs revenus. En plus de produire leurs propres films donc, ces studios les distribuent auprès des exploitants, s’assurant ainsi de la bonne visibilité du film en salles. Mais ils possèdent aussi leurs propres cinémas, en particulier dans les zones dites d’exclusivité où les Big Five contrôlent la majeure partie du marché via des cinémas affiliés. Ce contrôle total a permis à ces entreprises de s’imposer dans le milieu et de prendre un contrôle total sur l’industrie. En effet, les Big Five contrôlant la majeure partie de la distribution et de l’exploitation, les sociétés de production indépendantes sont donc obligées de faire appel à ces sociétés pour placer leurs films. De cette façon les Big Five dominent le secteur du cinéma mais vont mettre en place une méthode de travail qui a fait du cinéma plus une industrie qu’un art.

Cette méthode de travail est simple -et est inspirée d’un système mis en place par Gaumont- : il s’agit d’une recherche de maîtrise des coûts face à la hausse des dépenses pour la réalisation d’un film. Les studios vont développer diverses stratégies afin de maîtriser ces dépenses grandissantes : les talents (acteurs, réalisateurs, chefs opérateurs, etc.) vont être mis sous contrat afin d’éviter les inflations de salaires, les studios sont divisés en départements selon les diverses antennes qui s’y trouvent -il y a ainsi un département pour l’écriture de scénarios, un département pour la production, un autre pour la réalisation, etc.- Est né le star system -encore utilisé aujourd’hui bien que l’impact soit moindre- développé par les studios dans le but de placer leurs films auprès des exploitants. La star devient un faire-valoir pour le studio et assure une publicité à part entière pour les films dans lesquels elle joue. Ces actrices et acteurs sont modélisés selon une image prédéfinie qui détermine leurs rôles et leur carrière. Elles sont aussi une vraie monnaie d’échange et assurent un revenu intéressant pour les studios qui se les prêtent occasionnellement en échange d’un intéressement important sur les recettes des films. Tout est donc pensé au sein des studios afin d’optimiser les budgets.

Outre l’argent et ces méthodes de travail qui les caractérisent, les studios hollywoodiens riment aussi avec les syndicats et surtout Code Hays. Ils sont d’ailleurs indissociables de ce dernier puisque ce code de censure a été mis en place durant toute la période d’or des Majors et a influencé le contenu des films -vous pouvez retrouver juste ici l’article que j’avais écrit sur le Code Hays pour comprendre de quoi il s’agit- Les syndicats, eux, se sont imposés tardivement au sein des studios. D’abord centralisés sur la côte Est, ils gagnent de l’importance à Hollywood à partir de 1935 suite à l’adoption de la loi Wagner qui défend les droits syndicaux au sein des entreprises privées. Bien qu’il faille attendre la seconde moitié des années 1930 pour que les syndicats se démocratisent et soient reconnus, l’un d’entre eux, l’IATSE (International Alliance of Theatrical Stage Employees) est reconnu par les studios dès 1926 suite à la signature du Studio Basic Agreement qui, indépendamment de son rôle de négociation des salaires et des droits des salariés, permet de faire reconnaître le syndicat auprès de Hollywood.

Cecil B. Demille et Alvin Wyckoff sur le tournage de Joan the woman (1916). Source : www.afcinema.com
Cecil B. Demille et Alvin Wyckoff sur le tournage de Joan the woman (1916). Source : www.afcinema.com

Malgré la chute du syndicat sous les mains de la mafia, il obtient en 1938 le monopole d’embauche -pour être recruté, pas d’autre choix que d’être syndiqué- Contrairement à la France, les syndicats américains et particulièrement dans le secteur du cinéma -je ne vais pas m’aventurer dans d’autres domaines professionnels que je ne connais pas- sont organisés non pas selon les idées politiques mais selon les professions. Il existe ainsi à Hollywood une multitude de syndicats, chacun ne concernant qu’une branche professionnelle. On retrouve par exemple la Screen Actors Guild, syndicat des acteurs ou encore la Director Guild of America qui s’occupe elle des réalisateurs. Malgré leur multiplicité et leur division, les syndicats ont trois fonctions. Dans un premier temps ils ont pour but de défendre l’emploi -d’où l’utilité du monopole d’embauche- et les conditions de travail. Mais ils assurent aussi la gestion des retraites et des assurances et enfin, ils s’occupent de la répartition des droits suite à la rediffusion des films. Tout comme en France donc, les syndicats ont pour objectif la protection des salariés.

A l’aide d’une multitude de stratégies commerciales, les studios hollywoodiens et plus particulièrement les Majors sont rapidement parvenus à s’imposer dans l’industrie cinématographique. Ils ont instauré des méthodes de travail et mis en place des codes toujours suivis tels que la division en départements par exemple. Bien que la liste des Big Five ne soit plus la même aujourd’hui -certains étant tombées, d’autres studios indépendants ayant pris du poids- elles restent toujours des poids lourds du cinéma d’un point de vue mondial. J’espère que cet article vous a plu et permis d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de Hollywood. Que pensez-vous du poids de ces studios ? Donnez-moi votre avis en commentaire et en attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel article !

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