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La place des studios hollywoodiens dans la cinématographie actuelle

 

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article et cette semaine on va parler à la fois d’histoire culturelle et d’économie. Je ne pensais pas écrire cet article si tôt mais j’ai été interpellée par une réflexion que j’ai beaucoup entendue dernièrement selon laquelle les studios hollywoodiens -les poids lourds de la cinématographie- produisent de manière soutenue. Ayant eu des cours d’économie du cinéma au cours de ma dernière année de licence et ayant étudié la question -je me suis donc beaucoup appuyée sur mon cours pour rédiger ce post- j’avais envie de vous écrire un article sur la place des studios et plus particulièrement des Majors dans l’industrie cinématographique actuelle. 

Comme je vous l’expliquais dans l’article dédié à la naissance des studios hollywoodiens -que vous pouvez retrouver juste ici les studios hollywoodiens se sont installés en Californie en partie pour échapper au Trust Edison qui monopolisait l’industrie du cinéma. Ces studios appelés Majors, menés par cinq sociétés surnommées elles les Big Five, se sont rapidement développés et ont mis en place leur propre économie. Cette dernière, appelée économie verticale, est basée sur un contrôle total de la filière. En plus de produire ses propres films, les sociétés de production prennent en charge la distribution et l’exploitation dans leur propre réseau de salles de ces derniers. Les studios hollywoodiens avaient donc un total contrôle de l’industrie cinématographique -qui contrairement à la France n’est pas perçue comme un art mais bel et bien comme une économie à part entière- Face à cette prise de pouvoir monopolisante, empêchant tout indépendant de se développer, le Consent Decrees est adopté en 1948. Suite à cela, les Majors se retrouvent dans l’obligation de fermer leur parc de salles, redonnant la liberté aux exploitants indépendants qui étaient jusque-là étouffés par le poids des studios.

Le studio Walt Disney, Major qui s'est imposée au cours des années 1990.
Le studio Walt Disney, Major qui s’est imposée au cours des années 1990

Bien que les Majors se retrouvent obligées de se retirer de l’exploitation, ces dernières se recentrent sur un domaine bien plus lucratif : la distribution. Bien que les studios continuent de produire leurs propres films, en parallèle, suite à la Seconde Guerre mondiale, le secteur de l’indépendance se développe. Malgré le poids que représentent les studios, les indépendants se développent, permettant aux réalisateurs entre autres une plus grande liberté de réalisation. Certains employés hollywoodiens -tels que John Cassavetes notamment- tourneront à Hollywood dans le but de financer leurs productions indépendantes. Néanmoins, cette naissance d’une nouvelle cinématographie en apparence détachée des normes industrielles imposées par les studios ne peut échapper à leur influence. Effectivement, bien que ces films soient autoproduits ou financés par de petites structures, la production n’a d’autre choix que de se tourner vers les studios hollywoodiens pour assurer la distribution. Cette étape qui fait le lien entre le processus de création et le public est essentielle -vitale même puisque plus le distributeur est important et plus large sera l’exploitation en salles-

Alors que les indépendants se développent, les Majors elles produisent de moins en moins, concentrant leur travail sur la distribution. L’idée étant de s’inscrire dans une économie de profit et face au succès des films indépendants, les studios hollywoodiens ne tardent pas à coproduire ces films ou même encore à racheter certaine sociétés de production indépendantes -ce qui leur offre une place dans des festivals tels que Sundance- leur ouvrant un nouveau marché. Les Majors prennent donc le contrôle du secteur indépendant, d’autant plus qu’en tant que distributeur ces dernières sont en position de force. Tandis qu’en France toute l’industrie est contrôlée par le CNC -et en particulier la remontée de la recette- au Etats-Unis tout est négocié par contrat, permettant aux distributeurs d’imposer leurs conditions. Ainsi, l’exploitant se retrouve lésé dans cette redistribution de la recette -ce dernier réalise plus de chiffre d’affaires sur les ventes de nourriture que sur les entrées réalisées- tandis que le distributeur lui récupère une commission -d’environ 30% de la recette après déduction de la part exploitant- avant de rembourser ses frais et de verser le restant de cette recette au producteur -grosso modo, il ne se fait pas une marge de folie- Vous l’aurez compris, l’industrie cinématographique américaine est régie par le secteur de la distribution.

Photo de tournage de Shining (film indépendant) réalisé par Stanley Kubrick. Source : www.konbini.com
Photo de tournage de Shining (film indépendant) réalisé par Stanley Kubrick. Source : www.konbini.com

Ce désinvestissement dans la production de la part des Majors s’accentue au cours des années 1970 avec l’apparition du blockbuster Les dents de la mer réalisé par Steven Spielberg en 1975 est reconnu comme étant le premier film du genre- Ce terme, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne concerne pas seulement un film à gros budget mais prend aussi en compte l’économie dans laquelle il s’inscrit. En effet, le film est commercialisé selon un modèle de masse -la sortie est prévue de manière stratégique, énormément de promotion est faite et des produits dérivés sont mis sur le marché- Cette structure industrielle est appelée économie horizontale. Ici, les studios ne gèrent plus toute la filière mais se concentrent sur un secteur en particulier et cherchent à exploiter au maximum le potentiel économique du film. De fait, les Majors produisent beaucoup moins de films mais ces derniers représentent néanmoins un budget conséquent.

A l’heure actuelle, les studios hollywoodiens distribuent plus qu’ils ne créent. Malgré une économie qui peut sembler malsaine par ses rapports de force, elle permet de diffuser des films qui, sans leur influence, resteraient dans les cartons. D’une certaine manière, les Majors font vivre le cinéma indépendant, l’un ne va pas sans l’autre. Ainsi, lorsque vous verrez sur votre écran le nom d’un grand studio accompagné de  »presents » vous saurez qu’il s’agit du distributeur. J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau post !

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4 Comments

  1. Article très intéressant, je connaissais l’Histoire des studios à leurs débuts mais l’évolution de la filière m’avait un peu échappé. Je ne manquerai pas de relire ton article de temps en temps pour me rappeler ces infos clés (petite tendance « j’aime relire mon cours quand il est cool » haha).

    Sur un plan beaucoup plus logistique, de blogueuse à blogueuse, c’est chouette ton idée de mettre la première lettre d’un bloc en gras. Ça fait très journalistique, vraiment pro. J’aurais envie de faire pareil (à défaut de pouvoir mettre la première lettre en grand, à la manière des manuscrits enluminés) mais je ne voudrais pas que tu trouves que je plagie ^^

    Belle journée à toi et j’espère à bientôt !

    • Léa Dabrowski Léa Dabrowski

      Je suis ravie que l’article tes plu, je t’avoue qu’avant d’avoir un cours d’économie sur le cinéma j’ignorais totalement cette évolution 🙂
      C’est vrai que la majuscule en gras au début d’un paragraphe facilite la lecture (selon moi), ça donne un aspect moins monotone au texte et le structure bien. Bien entendu tu peux t’inspirer de cette mise en page, elle ne m’appartient pas et ça ne m’étonnerait pas qu’elle soit déjà utilisée dans quelques magazines 🙂

  2. Mme Joss Mme Joss

    Récompense bien méritée  » très Pro » c’est du bon travail , bonne inspiration on ne s’ennuie pas de vous lire , Vos articles font revivre certains films que je ne manquerai pas de regarder à nouveaux .
    Je vous souhaite bonne continuation dans cette voix .
    Joss.

    • Léa Dabrowski Léa Dabrowski

      Merci beaucoup pour votre commentaire, je suis ravi que le contenu du site vous plaise et j’espère qu’il en sera de même pour les futurs articles !

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