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L’amant double, un film sans grande intensité

 

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article, et cette semaine on va parler d’un film sorti récemment dont vous avez très sûrement entendu parler -festival de Cannes oblige- si vous avez un peu suivi les dernières actualités ciné. Comme vous l’avez peut-être deviné -et probablement vu via le titre de l’article- il s’agit de L’amant double, dernière réalisation du cinéaste François Ozon. Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne suis pas une connaisseuse du cinéma de Ozon -loin de là même puisqu’il s’agit de son premier film que je vois- je n’ai donc pas un recul suffisant sur son œuvre pour juger L’amant double au sein de la filmographie du réalisateur. Pour cet article, je me suis donc principalement basée sur mon ressenti suite à la projection.

Sur le papier, L’amant double était un film prometteur avec un sujet accrocheur. En effet, Chloé est une jeune femme sujette à de violents maux de ventre. Suite aux conseils de sa gynécologue, elle prend rendez-vous avec un psychothérapeute, l’origine de ces maux étant probablement psychique. Rapidement, Chloé tombe amoureuse de son médecin mais elle ne tarde pas à découvrir que ce dernier lui cache une partie de sa vie. Un thriller saupoudré d’une touche d’érotisme, il y avait tout pour plaire. Sans compter un sujet accrocheur, totalement actuel.

Photo extraite du film L'amant double réalisé par François Ozon. Source : www.libe.com
Photo extraite du film L’amant double réalisé par François Ozon. Source : www.libe.com

Effectivement, les questions de l’apparence, de l’identité et de la dualité qui sont les thèmes du film font totalement écho à notre société -nous y faisons face dans une moindre mesure- et apportent un aspect glaçant au film quant à l’influence qu’il est possible d’avoir sur autrui. Ozon met en scène un trio de personnages destructeurs, ayant un ascendant les uns sur les autres. Ainsi Chloé se retrouve plongée dans un sentiment d’insécurité, Louis lui se sent menacé par Paul et ce dernier sent pour sa part son secret lui échapper. Cette prise que les personnages ont les uns sur les autres apporte un peu d’intérêt au film -qui en manque cruellement- et montre un travail des protagonistes intéressant. Ces thèmes développés par le film sont bien évidemment renforcés par l’aspect psychanalytique mis en avant dans l’œuvre à travers la thérapie de Chloé. Le réalisateur fait ici un vrai travail sur la question de l’image renvoyée, du rôle que nous pouvons jouer en société, ce qui est le point fort du film.

L‘interprétation des acteurs renforce aussi d’une certaine manière ces thématiques. Entre une voisine mystérieuse -semant le doute quant à ses intentions dans l’esprit du spectateur- et l’interprétation de Jérémie Renier, qui incarne avec succès deux personnages fondamentalement différents qui pourtant se complètent, François Ozon nous propose ici un travail intéressant -je reste néanmoins sceptique quant à l’interprétation de Marine Vacht dont le personnage m’a semblé terne- Mais ces quelques qualités ne compensent pas le point faible du film : sa structure. Cette dernière est totalement décousue, après une séquence d’exposition qui traîne en longueur, totalement fade -cette dernière consistant en une série d’entretiens entre Chloé et son psychothérapeute- il est difficile de saisir les intentions du réalisateur. De fait, ce dernier n’est pas clair dans la direction que prend le film, qui de fait manque de rythme. Les liens s’enclenchent difficilement entre les scènes de rêve ou de fantasme, difficile de voir où François Ozon cherche à nous emmener. L’intrigue devient tortueuse inutilement et laisse de nombreuses questions en suspens, il réside après L’amant double une forme d’incompréhension quant à certains éléments. Le film est finalement mal équilibré, long à démarrer et apporte bien trop tard et précipitamment les premières réponses à son intrigue.

Photo extraite du film L'amant double réalisé par François Ozon. Source : www.cinematographe.it
Photo extraite du film L’amant double réalisé par François Ozon. Source : www.cinematographe.it

Outre une mauvaise gestion du rythme et une structure bancale, L’amant double propose un travail de l’image soigné. François Ozon retranscrit les thèmes de son film à l’image, mettant littéralement en scène la dualisation. L’image est finalement très physique, sensuelle, sexuelle même et rend d’une certaine façon hommage au plaisir charnel -suis-je la seule à avoir eu parfois l’impression de regarder Love de Gaspar Noé ?- Bien que le cinéaste nous laisse sans explications sur certains points de l’intrigue, l’image elle sur-explique ses intentions avec une certaine outrance par moment -particulièrement le dernier plan du film dont on aurait pu se passer-

L‘amant double est finalement un film fade, qui ne parvient pas à saisir son spectateur. Malgré des thématiques pertinentes, François Ozon n’est pas parvenu à rendre son film captivant, gérant mal le rythme de ce dernier. J’espère que cet article vous a plu, avez-vous vu L’amant double ? Qu’en avez-vous pensé ? Dites-moi tout en commentaire ! On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau post.

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