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Le montage, de quoi s’agit-il ?

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui après une longue -très longue- pause pour un nouvel article -avouez, ça vous avait manqué ?- Pour ce retour j’avais envie de parler d’un aspect un peu technique du cinéma qui n’apparaît pas forcément comme une évidence pour tout le monde et qui pourtant est une étape cruciale dans la création d’un film : le montage. Pour ce post, j’ai choisi de me concentrer uniquement sur le montage vidéo et de laisser de côté ce qui relève du mixage son -car il y a mille et une choses à dire à ce sujet-

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet : qu’est-ce que le montage ? Le montage consiste en l’organisation des rushs -les plans, si vous ne savez pas ce qu’est un rush- images et sons afin de créer une continuité et par conséquent le film dans sa forme finale. En résumé, il s’agit d’assembler bout à bout les plans filmés au cours du tournage. Le montage se déroule en quatre grandes étapes. Tout d’abord, il faut procéder à la synchronisation des rushs images et sons, il s’agit tout simplement de faire correspondre le son à l’image -pour cela on s’aide du bruit du clap, d’où son intérêt Cette étape est loin d’être le stade le plus créatif du montage -qu’on se le dise, c’est assez ennuyeux- mais il s’agit d’une partie primordiale : si la synchronisation n’est pas faite correctement, il est impossible de monter.

La seconde étape est celle du dérushage, il s’agit de la sélection des plans à garder. Le réalisateur, en compagnie du script, va revisionner chaque plan et sélectionner les rushs qui vont être gardés pour le montage. L’intérêt du dérushage est de ne garder que les meilleurs plans, que ce soit d’un point de vue esthétique ou en termes de jeu d’action. Cette étape permet aussi de se rendre compte des difficultés qui seront à surmonter lors du montage -une image à recadrer par exemple- Suite à cela, le montage va pouvoir commencer ! Mais avant de réaliser le montage final, on réalise ce que l’on appelle un  »ours ». Il s’agit d’un montage brouillon puisqu’on y assemble les rushs bout à bout, sans tenir compte ni de la longueur du film ni des transitions entre les plans. L’ours permet de se rendre compte d’un point de vue global du film -d’évaluer si la tension marche, si les enjeux sont compréhensibles, etc.- Une fois l’ours fait, le montage est peaufiné -les transitions sont travaillées, la couleur, le générique entre autres- pour donner le film final.

Banc de montage. Source : France 3
Banc de montage. Source : France 3 Franche-Comté

Le montage a été créé rapidement après la naissance du cinéma. Des réalisateurs tels que Georges Méliès ou encore les frères Lumière l’utilisaient via des cuts par exemple. L’intérêt du montage est de jouer avec la matière filmique, de créer des effets spéciaux comme le ralenti, mais aussi de donner du sens au film selon la manière dont les plans sont montés les uns avec les autres. Vous l’aurez compris, le montage a une grande influence sur le film puisqu’il concrétise l’intensité de la mise en scène et aide à la création de la tension dramatique. C’est au montage que le film prend tout son sens -de nombreux réalisateurs réécrivent complètement leur film au montage comme Wong Kar-waï notamment

Mais le montage permet aussi de manipuler le jeu d’acteur avec des effets comme celui élaboré par Koulechov -l’un des effets les plus connus- Il consiste à alterner un plan sur un acteur à l’expression neutre avec d’autres plans -en général sur des objets- Ces plans qui n’ont rien à voir les uns avec les autres créent une impression de changement d’émotion chez l’acteur entre chaque plan -mais que nenni puisqu’il s’agit d’un même plan du comédien qui se répète !- Avec cet effet, Koulechov montre clairement le pouvoir des images et comment un plan peut influencer les plans suivants. Koulechov démontre tout simplement l’importance du montage et du rôle qu’il peut avoir sur la compréhension d’un film. Par ailleurs, l’émotion ressentie chez le spectateur face à cet effet n’est autre que son propre regard sur cet assemblage de plans, il applique au montage les propres sentiments qu’il ressent face aux images.

Depuis sa création, le montage a énormément évolué. A l’origine il consistait en une coupe sur pellicule et à un collage des différentes bandes qui demandait une grande précision lors des tournages -une perche dans le plan et c’était mort- Mais l’arrivée du numérique a changé énormément de choses pour le montage et permet une plus grande liberté pour le monteur : les transitions sont plus fluides, la colorimétrie peut être retouchée, les images recadrées. Ce changement de support permet toute une expérimentation avec un minimum de risques et a permis de développer les effets spéciaux, les rendant plus réalistes et permettant une plus grande facilité dans leur réalisation.

Le montage c’est donc l’âme du film, l’étape primordiale qui lui donne vie. Il permet de développer des aspects qui ne sont pas uniquement réservés au tournage -contrairement à ce que l’on pourrait penser- en impactant entre autres le jeu d’acteur. J’espère que cet article vous a plu et permis d’en apprendre plus sur le montage. Des articles plus précis sur des théories vous plairaient-ils ? Quelle est votre approche du montage ? En avez-vous déjà fait ? Dites-moi tout en commentaire et on se retrouve prochainement pour un nouvel article !

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4 Comments

  1. Super cet article : très intéressant !

    • Léa Dabrowski Léa Dabrowski

      Merci beaucoup 🙂

  2. Tu m’as appris deux trois choses, c’était intéressant à lire ! merci !

    • Léa Dabrowski Léa Dabrowski

      Avec plaisir, je suis ravie que l’article t’ai plu ! 🙂

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