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The Birth of a Nation, un premier film prometteur

 

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article et cette semaine, nous allons parler d’un film sorti ce mercredi en salles -mais que vous avez peut-être déjà vu en streaming- Il avait séduit lors de la dernière édition du Sundance en remportant à la fois le Grand prix du jury et le prix du public, mais les avis à son égard sont pourtant très mitigés. Vous l’aurez peut-être deviné, il s’agit de The Birth of a Nation, premier long métrage du réalisateur Nat Parker.

1831, Nat Turner, esclave ayant reçu une éducation religieuse, est un prédicateur très écouté auprès de ses compères. Face à ses difficultés financières, Samuel Turner, le maître de Nat, accepte de monnayer les talents de prêcheur de Nat auprès d’autres propriétaires d’esclaves afin de rendre ces derniers plus dociles. Témoin de tortures et d’atrocités, peu à peu Nat va prendre conscience de sa condition d’esclave et va alors se rebeller. Il est donc question d’un film sur l’esclavagisme, un sujet largement abordé au cinéma et marqué par des œuvres iconiques tel que 12 years a slave réalisé par Steve McQueen en 2013. Pourtant, The Birth of a Nation se démarque de son prédécesseur et annonce une carrière prometteuse pour Nat Parker.

Photo extraite du film The Birth of a Nation réalisé par Nat Parker
Photo extraite du film The Birth of a Nation réalisé par Nat Parker

Après un premier court métrage qui abordait déjà la question des différences raciales, Nat Parker aborde de nouveau le sujet via le genre du biopic en adaptant au cinéma la vie de Nat Turner. Le but du film n’est pas d’aborder la question de l’esclavage de façon globale mais de mettre en scène la prise de conscience d’un homme sur sa condition d’esclave -il y a toute une grosse nuance à faire- D’un point de vue esthétique le film est réalisé justement : il n’y a pas de folie ou de risque pris dans la réalisation des plans, on se retrouve plutôt face à une œuvre très classique avec des visuels travaillés et pointus. Ce choix est judicieux, il montre dans un premier temps la maîtrise technique de Parker, qui nous offre à voir de magnifiques plans sur les champs de coton par exemple -la lumière notamment y est magnifique- et permet de contraster avec le sérieux et la dureté du propos. Les ambiances variées donnent d’autant plus de profondeur au film, telles que les diverses séquences oniriques à la colorimétrie froide dont le ton dominant, un bleu sombre, opère un net contraste avec les autres séquences clairement ancrées dans le réel.

La mise en scène est elle aussi maîtrisée, Parker fait des choix subtiles mais efficaces et qui marquent l’inconscient du spectateur. Il ne s’éternise pas en dialogue pour montrer la torture psychologique des esclaves mais utilise pour cela le placement de ses acteurs (voir photo ci-dessous). Le réalisateur parvient à faire comprendre l’essentiel sans tomber dans une overdose d’images choquantes. Les scènes de torture ne sont filmées que dans le but de montrer le changement qui s’opère chez les personnages. Le sujet principal du film n’est pas la révolte, cette dernière n’arrivant que tardivement -et peut-être un peu brusquement- L’intérêt de l’œuvre est de voir la prise de conscience effectuée par Nat, d’observer son regard qui change alors qu’en parallèle son maître, Sam Turner, évolue pour reproduire le schéma injuste suivi par de nombreux propriétaires d’esclaves. C’est ce que met en avant The Birth of a Nation et le film atteint son but. Le hors-champ et l’ellipse occupent une place importante dans le film afin de faire comprendre les tortures subies et en particulier celles dont les femmes sont victimes. On ne peut donc pas dire que Parker s’étale dans le spectaculaire et le choquant, il y a au contraire un juste travail d’équilibre qui permet de montrer toute la dualité de certains protagonistes.

Photo extraite du film The Birth of a Nation réalisé par Nat Parker
Photo extraite du film The Birth of a Nation réalisé par Nat Parker

Bien qu’il y ait une multitude de personnages dans The Birth of a Nation, la plupart ne sont exploités qu’en surface mais ce parti pris permet de montrer la dualité des deux protagonistes principaux : Nat et Sam. Parker se concentre sur leur évolution parallèle les séparant l’un de l’autre. Le traitement de Sam permet de casser cette vision ultra manichéiste des propriétaires d’esclaves. En effet, le personnage se montre dans un premier temps juste et bon avec ses asservis -et tout particulièrement avec Nat- tout comme sa mère Elizabeth et sa sœur Nancy le sont avec leurs serviteurs. Via le changement de Sam, The Birth of a Nation montre aussi une forme de pression sociale subie par la bourgeoisie américaine. En plus de ses difficultés financières, Turner tient à conserver et nourrir une image de prestige, ce qui le pousse à devenir injuste envers ses esclaves. Peu à peu le personnage se retrouve à traiter ses hommes d’une manière répugnante, en totale opposition avec la personne qu’il est originellement. Le protagoniste chute et sombre dans l’alcool tandis que Nat, lui, s’élève spirituellement. C’est le changement d’attitude de son maître qui le pousse à se rebeller. Cette révolte est subite, violente même mais d’une certaine manière elle est l’expression d’une haine profonde de la part du personnage envers sa condition. Il n’exprime pas uniquement sa haine de l’homme blanc mais aussi la rancune accumulée face aux mauvais traitements vus et subis.

The Birth of a Nation est donc un film réussi avec des ambitions à sa hauteur. Juste et maîtrisé, il est convaincant dans sa manière d’aborder la vie de Nat Turner et assure à son réalisateur une carrière encourageante. J’espère que cet article vous a plu, avez-vous vu le film ? Quel est votre avis sur ce dernier ? Dites-moi tout en commentaire. En attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau post !

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