A la rencontre de Léon Gaumont

Bonjour à tous ! On se retrouve cette semaine pour un nouvel article, et aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’un homme qui a joué un grand rôle dans l’univers du cinéma. On le connaît tous et pourtant on ignore beaucoup de choses à son sujet -vous voyez de qui je veux parler ? Non ?- Il s’agit de Monsieur Léon Gaumont. On connaît tous les cinémas qui portent son nom ainsi que la société de production, mais qui connaît vraiment le producteur que cet homme a été ? C’est pour cette raison que cette semaine j’avais envie de revenir sur sa biographie. Il ne faut pas non plus oublier que le cinéma ne s’arrête pas seulement aux films, aux acteurs et aux réalisateurs, mais qu’il y a derrière tout cela des équipes de professionnels qui permettent de faire aboutir les projets. C’est aussi ça qui m’a donné envie d’écrire un article sur le sujet.

Photo de Léon Gaumont. Source : www.janinetissot.fdaf.org
Photo de Léon Gaumont. Source : www.janinetissot.fdaf.org

Alors que le cinéma voit le jour en 1895 avec le cinématographe des frères Lumière, Gaumont, lui, côtoie ces derniers depuis un moment déjà. En effet, en 1881 il entre dans l’entreprise de fabrication d’instruments électriques et mécaniques de Jules Carpentier. Cet emploi lui permet de suivre la petite aventure des deux inventeurs du cinéma. Gaumont est donc au fait des innovations dans ce domaine, considéré pour le moment comme un divertissement de foire puisque les pellicules sont utilisées par les forains. En 1894, il quitte l’entreprise de Carpentier et est engagé au Comptoir Général de la photographie, au service des frères Richard. Il reprendra l’année suivante l’affaire, la renommant ‘‘L. Gaumont et Cie’’. C’est à ce moment que commence la grande aventure du producteur et que naît la plus ancienne entreprise du milieu cinématographique -rien que ça- Par la suite, le cher Monsieur met au point une caméra utilisant une pellicule 60 mm, s’inspirant du cinématographe qu’il vend aux forains afin que ces derniers puissent projeter leurs films. Sa secrétaire, Alice Guy, va alors lui proposer de vendre des films tournés par l’entreprise en plus des appareils de projection. C’est le début de la longue histoire de la filiale qui (en 1903) prendra comme logo la fameuse marguerite, hommage à la mère de Gaumont. Renommée en 1906 ‘‘Société Anonyme des établissements Gaumont’’, la firme s’installe dans les studios Elgé aux Buttes Chaumont. Dans ce studio Gaumont rassemble toutes ses activités, que ce soit du tournage au développement des films. Très rapidement la société prend de l’importance, en effet la Banque Suisse et Française entre dans les capitaux de l’entreprise en 1905 ; en 1907, elle engendre un chiffre d’affaires de sept millions de Francs. Gaumont est alors le second plus gros producteur français (après Charles Pathé) -autant dire qu’il en impose-

Ce qui a contribué à l’ascension de la firme c’est aussi la collaboration de Gaumont avec Louis Feuillade. Ce dernier entre dans la société en 1905. D’abord scénariste de Alice Guy, il occupe par la suite le poste de directeur artistique. Il est à l’origine de ce que l’on appelle les ‘‘sérials’’ qui sont en fait des séries -on peut le remercier pour cette invention !- On lui doit donc des séries comme Les vampires ou Fantômas. Jusqu’alors, Gaumont ne faisait que vendre ses pellicules aux forains, n’en tirant qu’un faible bénéfice au final. Mais en 1910, le producteur décide de cesser la vente de films. Avec la création de sa filiale Ciné-location, Gaumont loue les films aux forains, le prix variant selon l’ancienneté de la pellicule -il s’agit de la distribution- Ce changement de fonctionnement coïncide avec l’ouverture du Gaumont-Palace -mais qu’est-ce que c’est ?- Suite à l’achat de l’hippodrome de la place Clichy à Paris, Gaumont construit le plus grand cinéma du monde avec pas moins de 3400 places : le Gaumont-Palace. Pour la petite anecdote, Truffaut y fait même référence dans son premier film, Les quatre cents coups : Antoine et ses parents vont y voir un film. A partir de ce moment, la société fait l’acquisition de salles dans toute la France et Gaumont maîtrise alors toute la chaîne cinématographique, de la fabrication à la diffusion des films. C’est aussi à cette période que l’on remet en question la suprématie de la France dans le domaine cinématographique au profit des Etats-Unis qui, avec des films comme Naissance d’une nation de D.W. Griffith, sont devenus -et sont encore aujourd’hui- les leaders d’un point de vue économique de cet art. Les conflits politiques de l’époque, et en particulier la Première Guerre mondiale qui éclate à ce moment, ne font que renforcer ce changement. Suite à ça, Gaumont décide de signer un accord de distribution avec la MGM en 1925 et crée avec la filiale une société : la Gaumont Metro Goldwyn. Cette dernière sera dissoute quelques années plus tard, en 1929, et Gaumont se retirera des affaires l’année suivante alors que le cinéma parlant se répand.

Photo de Nicolas Seydoux. Source : www.passion-cinema.com
Photo de Nicolas Seydoux. Source : www.passion-cinema.com

Aujourd’hui qu’en est-il de la société ? Depuis 1975, Nicolas Seydoux est le président de Gaumont, rebaptisé sous le nom de ‘‘Société Nouvelle des Etablissements Gaumont’’. Il donne un nouvel élan à la firme puisqu’il augmente le parc des salles en s’associant au groupe Pathé et créent les cinémas Gaumont Pathé. Il s’agit du plus gros réseau de salles en France. En parallèle Gaumont engage une politique de production ambitieuse, ainsi ils ont financé des films tels que Le dîner de cons, les OSS 117 ou encore La boum. Depuis quelques années, Gaumont produit, finance et distribue à la fois des films français et anglo-saxons ce qui élargit son champs d’activité. Gaumont possède le second plus riche catalogue de films en France avec pas moins de 900 films -c’est impressionnant non ?- L’entreprise cherche depuis quelques années à être présente sur tous les secteurs de l’audiovisuel ; à travers sa filiale américaine Gaumont International Television, elle développe les séries Hannibal (diffusée sur NBC) et Hemlock Grove (diffusée sur Netflix). Autant dire que l’entreprise a réussi à se rendre indispensable dans l’univers cinématographique et cherche à faire face aux grosses firmes américaines en s’attaquant à des productions anglophones. En plus d’avoir produit et de s’être chargée de la distribution française du film Intouchables, la SNEG s’est occupée de vendre les droits du film à l’international. Ceci ne fait que renforcer le poids de l’entreprise, qui est aujourd’hui omniprésente dans le monde de la production.

J’espère que cet article vous aura plu et permis d’en apprendre plus sur l’histoire de Gaumont et de l’entreprise dont il est à l’origine. Je pense faire un article plus poussé sur la production cinématographique et son intérêt, si cela vous intéresse n’hésitez pas à me le dire en commentaire. Comme toujours, on se retrouve dimanche prochain pour un nouveau sujet !

 

8 Comments

  1. MOULLÉ LAURENCE

    Je découvre ton blog et je tenais à t’exprimer quelques ressentis
    Ton écriture est plaisante. ..à la portée de tous …donne envie de lire jusqu’au bout …
    Une pointe d’humour dans tes commentaires que j’aime bcp
    On ressent également ta passion pour le cinéma qui est très important pour accrocher un lecteur et transmettre cette passion
    Tes sujets sont bien variés et illustrés par une photo (impotant le visuel)
    Très bonne élève 18/20 jeune dame

    Alors merci pour ce partage et continues …

  2. MOULLÉ Laurence

    Léa
    Je viens de découvrir ton blog et je tenais à t’exprimer quelques ressentis
    Ton écriture est plaisante ….accessible à tous par son vocabulaire …donne envie d’aller jusqu’au bout
    Une pointe d’humour dans tes commentaires que j’aime bcp
    Des sujets variés avec illustration de photo (important le visuel)
    On ressent ta passion du cinéma et cette envie de la partager avec les lecteurs
    Très bonne élève 18/20
    Merci à toi et continues

    1. Léa Dabrowski

      Bonjour,
      Je te remercie pour ce commentaire qui fait plus que plaisir et est très motivant. Je suis ravie de savoir que ma manière d’écrire et de traiter mes articles te plaise. Merci d’avoir pris le temps de lire un (ou des) articles, il n’y a rien de plus gratifiant. J’espère que les sujets à venir te plairont tout autant 🙂

  3. zookd

    Le nom Gaumont je connais depuis que je fréquente les cinémas 🙂 Le personnage Gaumont m’étais totalement inconnu. Merci pour ce très bon article qui comble mes lacunes 😉

    1. Léa Dabrowski

      Je suis contente que tu ais apprécié l’article et qu’il t’ai permis d’apprendre des choses 🙂 J’espère qu’il en sera de même avec les autres posts 🙂

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