Alice de l'autre côté du miroir

Alice de l’autre côté du miroir, ce que j’en pense

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle critique de film et pour une fois il s’agit d’un film récent -oui je suis enfin allée au cinéma, depuis The revenant, ça faisait… Un bail- Je ne suis pas allée voir l’un des films présentés à Cannes, non j’ai préféré assouvir ma soif de ‘‘films commerciaux’’ si l’on peut dire ça comme ça -mais je projette d’aller voir The neon demon très prochainement- Certains l’ont donc vu sur les réseaux sociaux -d’ailleurs n’hésitez pas à aller m’y suivre si ce n’est pas le cas j’ai cédé à la tentation d’aller voir Alice de l’autre côté du miroir, et c’est de ce film dont nous allons parler aujourd’hui.

Avant toute chose, je dois vous avouer qu’avant d’aller voir le film j’avais une légère, voir grande appréhension. Pourquoi ? Eh bien parce que le film n’a pas été réalisé par Burton -qui a quand même dirigé le projet puisqu’il est le producteur du film- J’avais peur que cette suite ne vaille pas le premier Alice, et surtout que d’un point de vue image la qualité ne soit pas au rendez-vous -j’avais été extrêmement déçue de Jurassic World qui n’est clairement pas à la hauteur du travail de Spielberg selon moi- Je suis quand même allée à la projection car c’est le genre d’univers que j’aime voir sur grand écran -et parce que je ne voulais pas attendre pour me faire mon propre avis- Et autant vous dire que Alice de l’autre côté du miroir a été une agréable surprise.

Alice et le Chapelier lors de leur rencontre dans le passé. Source : www.disney-planet.fr
Alice et le Chapelier lors de leur rencontre dans le passé. Source : www.disney-planet.fr

J’ai été séduite par l’univers et les différents tableaux que propose le film. Tous colorés, fous et splendides, ils n’ont selon moi rien à envier à ceux du premier. Que ce soit le palais du Temps ou le château de la Reine Rouge, il y a eu un réel travail d’imagination de fait sur les différents univers. J’avais peur qu’avec un réalisateur différent, les lieux perdent de leur splendeur et de leur folie -mais Dieu soit loué, ce n’est pas le cas- C’est en soi un beau défi de relevé car même s’il était secondé de Burton, James Bobin n’est pas ce dernier. Colorées et peaufinées jusqu’au moindre détail, les images gardent la composition très poétique que Burton avait mise en place lors du premier film. On peut prendre par exemple la scène d’arrivée d’Alice au pays des merveilles : un endroit aux tons pastels et doux, chaleureux et convivial -malgré la nouvelle qui l’attend- Mais ce que je trouve remarquable, et que j’ai apprécié, c’est l’équilibre entre l’univers réel et le monde des merveilles. Bien que la majeure partie du film se déroule dans ce pays découvert par Alice, la réalité est bien plus représentée que dans Alice au pays des merveilles, ce qui permet de faire évoluer le personnage d’Alice, d’approfondir sa place dans la société -elle n’est plus seulement une jeune lady qui refuse de se marier avec l’ignoble Hamish-

En effet, Bobin a pris le temps de développer son contexte avant de lancer l’intrigue. Alice nous apparaît comme une jeune femme assoiffée d’indépendance, que la société dans laquelle elle vit cherche à emprisonner dans les normes sociales. Ses motivations mais surtout son attachement au pays imaginaire m’ont parus plus clairs, et c’est le gros point fort du film qui nous permet de mieux connaître les personnages, entre autres à travers le voyage dans le temps -en particulier le Chapelier fou et la Reine Rouge- Il semblait évident que la psychologie d’Alice devait être développée ; il s’agit du personnage principal et passer à côté de ça aurait été un gros point négatif. On découvre ainsi dès l’ouverture du film une jeune femme qui a grandi, et qui est assez sûre d’elle pour ne plus subir l’influence des autres. Capitaine au milieu d’un équipage exclusivement masculin, ses choix ne sont pas contestés et elle n’hésite pas à tenir tête au besoin -que ce soit à sa mère ou Hamish- Alice apparaît donc comme une femme moderne, qui mène la barque si l’on peut dire.

Comme je l’ai évoqué précédemment, Alice n’est pas le seul personnage développé. On en apprend beaucoup sur le Chapelier notamment -en même temps, toute l’intrigue tourne autour de lui- Le spectateur découvre l’histoire de ce dernier et on élucide enfin le mystère de la disparition de sa famille -car oui ces derniers ne sont pas morts-  On retrouve à travers le voyage dans le temps d’Alice tous les personnages rencontrés dans le premier film -la Reine Blanche et sa sœur la Reine Rouge, Bayard ou encore Cheshire- ce qui permet de découvrir pour certains leurs vices. Ainsi, on en apprend énormément sur Iracebeth aka la Reine Rouge en s’immisçant dans son enfance et en particulier sur la raison pour laquelle elle a une si grosse tête -et est accessoirement si diabolique- Le fait de connaître l’enfance de cet antagoniste crée je trouve de l’empathie chez le spectateur -eh oui, on a de la peine pour cette pauvre reine à grosse tête- ce qui est plutôt intéressant. Le film nous apprend finalement que tout n’est pas tout blanc ni tout noir, que les gens ne sont pas bons ou mauvais mais qu’il y a une nuance et que finalement, nous avons tous des faiblesses.

Tic Tac dans son royaume. Source : www.braindamaged.fr
Tic Tac dans son royaume. Source : www.braindamaged.fr

Je noterais malgré tout un petit bémol -eh oui le film a quand même des petits défauts- en ce qui concerne le personnage du temps nommé Tic Tac. Alors, l’idée de personnifier le temps était très bonne, et d’un point de vue de l’image je le trouve plutôt convaincant. Mais d’un point de vue scénaristique je le trouve trop oscillant. Je m’explique. Dans la bande annonce il apparaît comme le personnage méchant du film, celui dont on doit avoir peur -que nenni !- Il n’en est rien en réalité. Déjà, il est décrédibilisé dès sa première apparition -certes le fait qu’il se mange un mur c’est drôle mais ça fait pas trop menaçant- et c’est plus ou moins la même chose tout le film durant. Un coup il apparaît comme un personnage négatif, qui inspire la crainte, et quelques scène plus loin un peu comme une bonne poire, quelqu’un dont les autres protagonistes se moquent -je pense à la scène du thé notamment ou encore dans sa relation avec la Reine Rouge- Finalement, on ne sait pas vraiment à quel type de personnage nous avons à faire, ce que j’ai trouvé dommage puisqu’il apparaît comme étant l’un des ennemis d’Alice -dans un premier temps en tout cas- C’est un personnage qui m’a donc laissée plutôt perplexe et que je n’ai pas vraiment réussi à définir. Nos habitudes spectatorielles sont très imprégnées de manichéisme, et il est plus que courant dans les films de voir les ‘‘gentils’’ et les ‘‘méchants’’. Dans le cas de Tic Tac on ne peut ni le mettre dans une case, ni dans une autre et c’est ce qui m’a perturbée.

En dépit de cette petite réserve, Alice de l’autre côté du miroir est un film que clairement j’ai aimé, il m’a tout simplement emportée dans son histoire sans que je ne m’ennuie, m’a fait voyager -et c’est ça le but d’un film- La fin est très belle du point de vue du message qu’il véhicule, de sa morale. Au final tous les personnages y trouvent leur compte -non je ne spoilerai pas !- mais je dois vous avouer, qu’une fin plus brusque -comme celle qu’on nous fait imaginer- m’aurait plu tout autant -et peut-être même plus- juste pour casser le mythe des happy-ends hollywoodiennes. J’espère que cet article vous a plu et donné envie d’aller voir ce film -si ce n’est pas déjà fait- N’hésitez pas à partager l’article et à me dire en commentaire ce que vous en avez pensé. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau post !

7 Comments

  1. Jojo

    Je n’ai pas du tout aimé le premier, n’étant pas un fan de Tim Burton, mais le fait qu’il entremêle Monde Fantastique et Monde Réel peut être cool.. Le choix du réa’ m’a semblé incompréhensible, mais pari réussi alors d’après toi 🙂 ! je le verrai… En dvd !

    1. Léa Dabrowski

      C’est clair que c’est un univers particulier et qu’il faut aimé. Dans le cas de ce second film ce qui est bien c’est que l’alternance réel/fantastique permet de souffler un peu 🙂

  2. Maugenated

    Je partage ton avis sur ce film… 🙂
    As tu toi aussi été déstabilisée par le chapelier fou? Je n’arrivais pas à reconnaitre Johnny Depp, ça m’a perturbée tout le long du film… Je l’ai trouvé beaucoup trop retouché par rapport au premier film 😮

    1. Léa Dabrowski

      Eh bien sincèrement il ne m’a pas perturbé. Au contraire j’ai beaucoup aimé le fait de voir « l’autre côté » de sa folie et ça m’a plu de voir que ce n’est pas QUE un personnage joyeux. Que veux-tu dire par retouché ? Tu parles d’un point de vue de l’image ? ^^

  3. Lily

    Hello ! J’avais pas été fan du premier et… je maintiens mon avis sur le second. Le film en soit est interessant mais finalement, j’ai trouvé dommage d’aller fouiller dans le passé des personnages alors que toute la beauté du livre d’Alice au Pays des merveilles vient de ses personnages farfelus qui semblent etre sorti de nul part.

    1. Léa Dabrowski

      C’est vrai que les deux films prennent beaucoup de libertés par rapport à l’oeuvre. C’est aussi ça les adaptations. Après tout est une question de goût 🙂

  4. le monde de laura

    Je l’ai regardée il y a peu et j’ai accrochée avec celui ci et j’ai été nettement embarqués dans l’histoire. Je l’ai trouvée très colorés, avec de jolies décors, des personnages bien développé sur lequel on en apprend plus sur leur passée bref je pense que tu à compris j’ai adorée.
    Bisous

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