Bridget Jones Baby. Source : www.bizardbizard.com

Bridget Jones Baby, un retour réussi ?

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour un article critique ; comme vous le savez sans doute, depuis peu je me rends plus fréquemment au cinéma -merci le pass intégral- Je vous parlerai donc plus souvent de films à l’affiche et pour l’occasion j’ai décidé de mettre en place un système de vote. Vous pourrez retrouver régulièrement sur les réseaux sociaux -en particulier sur Twitter – un sondage sur le film dont vous souhaitez que je parle. Cette semaine je vous ai donc laissé le choix entre deux œuvres aux extrêmes opposés l’une de l’autre : Snowden réalisé par Oliver Stone et Bridget Jones Baby de Sharon Maguire. Le vote a parlé, et à plus de 70% vous vous êtes rangés du côté de la plus grande gaffeuse anglaise : Bridget Jones. Je ne vous cache pas que de façon globale mon avis sur le film est assez mitigé : mon côté bon public avoue avoir passé un bon moment, amusant dans l’ensemble mais ne pouvant m’empêcher de décortiquer le film, plusieurs points faibles ont aussi freiné mon enthousiasme.

Il s’est écoulé plus de dix ans entre le second volet de la saga et ce troisième film, une décennie durant laquelle on aurait presque oublié ce personnage détonnant et haut en couleur. Mais Bridget n’est jamais bien loin et nous entraîne à travers ce film dans le genre de problèmes qui n’arrivent qu’à elle -le jour où je me retrouve dans les mêmes galères autant me tirer une balle qu’on se le dise- Dans cet opus, Bridget, la quarantaine bien tassée, a décidé de ne plus désespérer face à son célibat. Prenant le problème à bras le corps, plutôt que de se morfondre, elle fait le choix de profiter de sa liberté sexuelle. Après une folle nuit lors d’un festival avec un certain Jack, elle retombe sur Mark Darcy : l’homme dont elle est folle amoureuse. Elle partage alors avec ce dernier une nuit érotique. Mais voilà, la malchance n’étant jamais loin d’elle, lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte, une question se pose à Bridget : qui est le père de l’enfant ?

Photo extraite de Bridget Jones Baby. Source : www.madame.lefigaro.fr
Photo extraite du film Bridget Jones Baby

Après un premier film surprenant par son humour et totalement réussi, Sharon Maguire avait laissé sa place à Beeban Kidron pour une suite plus que décevante. De manière tout à fait légitime donc, je craignais la sortie de cette suite -et fin j’ose espérer- des aventures de notre chère Bridget. Quand bien même cette fois-ci il est question de maternité, le sujet reste le même : un célibat pesant que le personnage traîne comme un boulet à sa cheville. Depuis la sortie du premier film en 2001, il n’y a pas vraiment eu de réelle évolution, que ce soit dans le fond du film que dans le personnage même de Bridget. Et ça a tendance à agacer. Dès l’ouverture de l’œuvre, elle apparaît telle qu’on l’a toujours connue : maladroite, le verbe gauche. En une quinzaine d’années, elle n’a pas réellement changé finalement -et je finis par penser qu’on tourne en rond avec ce personnage- mais qu’on se l’avoue c’est aussi ça le charme de Bridget, ce qui séduit le spectateur ce sont les nombreuses situations cocasses et gênantes dans lesquelles elle se retrouve malgré elle. Nous retrouvons donc notre fameuse Bridget, après une ellipse de dix ans durant laquelle il s’est passé beaucoup de choses. Alors que nous l’avions laissée amoureuse, dans les bras de son cher Mr Darcy, Bridget s’affiche de nouveau comme une éternelle célibataire. Cette fois on ne peut remettre la faute sur Daniel Cleaver, puisque la première séquence du film n’est autre que son enterrement. Le credo du célibat, c’est bien mais utiliser ce prétexte pour un troisième film n’est pas vraiment novateur -ça aurait pu être bien de changer de disque non ?- Mais, il s’agit de Bridget et il ne faut pas oublier que cette vie amoureuse catastrophique caractérise le personnage, alors on va lui pardonner ce manque de nouveauté dans le sujet.

Néanmoins, il ne s’agit pas là du seul point faible du film -qui en collectionne un certain nombre- qui n’a pas cherché plus loin que de reprendre les formules ayant marché auparavant. On retrouve ainsi une multitude de musiques populaires, les titres s’enchaînant sans vraiment apporter quoi que ce soit au film. Ce qui était un atout, plus particulièrement dans Le journal de Bridget Jones devient dans ce troisième opus totalement improductif tant les titres connus se succèdent. Le jeu de Renée Zellweger n’arrange pas le tout ; figée, l’actrice propose de façon récurrente un seul et même sourire, son visage n’exprimant plus d’expression franche -dommage que la chirurgie soit passée par là…- Finalement ce n’est plus vraiment la même Bridget que nous avons à l’écran, elle est ici moins rayonnante, moins radieuse. Fort heureusement le film a aussi quelques qualités, -elles n’en feraient pas oublier ses nombreux défauts mais sont tout de même notables- des points qu’il aurait été intéressant de développer. Certes l’humour semble un peu lourd, potache et loin d’être léger, mais il laisse entrevoir quelques pépites, des quiproquos qui prêtent à sourire. Le personnage du Dr Rawling me semble ainsi bien construit, pertinent, doté d’une raillerie intelligente mais très sombre à la fois, elle compense le manque de délicatesse de certaines plaisanteries. Sans oublier les nombreuses situations ridicules dans lesquelles se retrouve Bridget -certes ce n’est pas cohérent mais ça fait partie de l’esprit du personnage- et on se rapproche de l’esprit du premier film.

Photo extrait de Bridget Jones Baby. Source : www.ondeoncinemas.ie
Photo extrait du film Bridget Jones Baby

Mais l’un des gros points importants du film ce sont les multiples rappels du support originel de cette saga : le journal intime. Adapté de l’œuvre de Helen Fielding, le second film de la saga Bridget Jones, l’âge de raison avait évincé le côté littéraire de l’intrigue, une voix-off constante commentant les moindres événements sans laisser au spectateur la possibilité de vivre avec les personnages la situation présente. Avec Bridget Jones Baby ce n’est pas le cas, le format journal intime s’impose de nouveau, autant d’un point de vue extra-diégétique (à travers des annotations) qu’au sein de l’intrigue. Sharon Maguire opère un retour au matériel de base, s’appropriant l’œuvre comme elle l’avait fait quinze ans plus tôt -autant dire que ça fait du bien- Un réel travail de la part de la réalisatrice a été fait, ici il ne s’agit pas seulement d’une comédie, derrière le masque de l’humour Maguire aborde des thématiques sociales importantes. Sont abordés des sujets tels que la place de la femme, que ce soit dans le monde du travail à travers le poste de Bridget -notons que l’émission télévisée pour laquelle elle travaille est dirigée par une femme- ou via le travail de Mark qui défend un groupe de musique féministe aka les Pussy Riots -le paradoxe entre ces personnages est assez amusant par ailleurs- Mais ce n’est pas là le seul thème social abordé au sein du film. De façon discrète, presque imperceptible même, l’œuvre passe un message de tolérance, montrant le conflit intergénérationnel entre Bridget et sa mère, caricature des membres de la Manif pour tous -bon heureusement elle change à la fin, qu’on se rassure-

Vous l’aurez compris, Bridget Jones Baby n’est pas le film de l’année, il ne s’agit pas d’un chef-d’œuvre néanmoins c’est un film drôle et léger. Malgré ses défauts, il charme le spectateur, l’emmenant deux heures durant dans un univers complètement fou -pas toujours crédible- de quoi faire rire sans vraiment se prendre la tête. Par ailleurs, si vous êtes fan de la trilogie, vous pouvez retrouver deux rétrospectives que j’ai écrites sur notre chère Bridget ici et juste  -histoire de prolonger un peu le plaisir- J’espère que cet article vous a plu, si vous avez vu le film -ou non- n’hésitez pas à partager en commentaire votre avis et vos impressions. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel article !

14 Comments

  1. Romy21

    Je n’étais pas une fan des deux premiers volets de Bridget Jones mais j’avoue que ça m’intrigue de voir ce que ça donne:)
    En tout cas je suis heureuse de voir d’après les critiques que ce n’est pas un gros raté même si bien sûr le film est loin d’être parfait !

    1. Léa Dabrowski

      La comédie c’est un genre assez particulier, je t’avoue que je suis très difficile dans le domaine. J’avais vraiment bien aimé le premier film, il est frais avec de bonnes vannes. Le second était vraiment raté par contre. A l’exception de quelques plans il n’y avait rien à sauver. Ce troisième film rééquilibre un peu la balance on va dire 🙂

  2. bleuet22

    Je te trouve un peu dur quand même… Bon après, j’avoue que je ne suis pas un très bonne critique, mais je trouve qu’on passe vraiment un très, très bon moment, les scènes sont drôles, il y a toujours beaucoup d’humour. Et oui, c’est vrai, le film réutilise des classiques, mais au contraire je trouve que c’est une bonne chose ! Que serait Bridget Jones sans « Oh by myself » ?
    https://eclatdesoit.wordpress.com/2016/10/26/weekend-cinema-bridget-jones-baby/

    1. Léa Dabrowski

      Oui on passe un bon moment, je ne le nie pas, il y a un peu d’humour mais le jeu de Renée Zellweger déjà amoindri cela ; elle est complètement figée, c’est dommage. Et pour les classiques je ne trouve pas que ça prend parce qu’on a déjà vu ça dans les Bridgets, un peu d’innovation n’aurait pas fait de mal. Ici on a l’impression que le chat se mord la queue d’autant que des tubes il y en a à outrance, à toute les sauces, pour la moindre occasion.

      1. bleuet22

        Pour ce qui est de l’actrice je suis d’accord avec toi que vraiment le fait qu’elle ait fait de la chirurgie c’est dommage… elle a l’air moins… « humaine »

  3. Mathey

    Ce n’est pas le genre de film qui me « branche », question d’âge sans doute… aurais bien aimé voir la critique de Snowden que j’ai l’intention d’aller voir. Sans doute les plus jeunes n’aimeraient pas… pourtant c’est notre actualité.

    1. Léa Dabrowski

      Je suis en train de travailler sur une critique de Snowden que j’aimerais si possible poster en bonus dans la semaine. En tout cas, le film en vaut la peine, très beau et le message est fort.

  4. lacourseauxmots

    Personnellement j’ai beaucoup aimé ! J’ai passé un très bon moment, j’ai trouvé que certaines scènes étaient vraiment très drôles 🙂

  5. fibiel76

    Coucou! J’ai essayé de lire ton article de manière assez large parce que je me rends compte qu’il y a quand même quelques révélations sur le film notamment le décés de hugh grant au début que je n’avais pas forcément envie de savoir tanpis lol c’est un film que je compte bien voir sans hésiter, je l’ai loupé au cinéma! bonne soirée 😉

    1. Léa Dabrowski

      Bonjour ! En fait il n’y a aucun spoil sur le film, le décès on l’apprend dès la scène d’ouverture c’est pour ça que je me suis permise d’en parler. Peut-être passe-t-il encore dans quelques cinéma, avec un peu de chance 🙂
      Bonne journée !

      1. fibiel76

        Pas de souci ne t’inquiète pas 😉 ce n’est pas grave je vais attendre sa sortie, il n’y a pas trop longtemps à attendre maintenant entre la sortie ciné et la sortie dvd! bisou

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