Ghibli

A la découverte du studio Ghibli

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article et au programme cette semaine on va parler d’un studio de films d’animation. Je ne savais pas trop sur qui écrire pour cet article, il n’y avait pas de réalisateur qui m’inspirait et je ne me voyais pas refaire tout de suite un post sur un acteur -les questions existentielles d’une blogueuse…- Finalement je me suis décidée pour un domaine que je ne connais pas vraiment mais qui je pense pourrait en intéresser plus d’un ici : le studio Ghibli ! Je ne suis pas une grande experte de leurs films mais après tout pourquoi pas ? Après avoir hésité entre une sélection de trois films comme pour l’article sur Johnny Depp -qui a eu l’air de vous plaire- et une analyse globale des œuvres produites par Ghibli, j’ai opté pour la seconde option -je trouvais intéressant de vous donner les clefs pour essayer de comprendre ces films plus complexes qu’on ne le pense- Alors trêve de bavardages et allons-y !

Avant d’évoquer des films à proprement parler, on va passer par la case présentation -eh oui, on ne perd pas les bonnes habitudes- Le studio Ghibli a été créé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, deux réalisateurs de films d’animation. Le premier film produit par le studio, Le château dans le ciel, sortira l’année suivante et marquera le début d’une longue aventure -aujourd’hui, le studio compte plus de vingt films à son actif !- Et bien que dans un premier temps les films bénéficient du célèbre logo Ghibli étaient ceux des deux réalisateurs à l’initiative du studio, ces derniers vont par la suite laisser de jeunes artistes comme Tomoni Mochizuki ou Yoshifumi Kondo faire leurs preuves. Mochizuki a ainsi réalisé Je peux entendre l’océan, un film qui se détache des productions du studio qui entrent habituellement plus dans le côté fantastique -on en reparlera plus tard- Quant à Kondo, bien qu’il n’ait pas réalisé de film pour Ghibli, il est pressenti comme le successeur de Miyazaki et a apporté sa contribution à bon nombre de films notables du studio. Il est par exemple le chef animateur de Kiki la petite sorcière ou encore du film Le tombeau des lucioles pour ne citer qu’eux -bon, pour le cast, c’est fait, mais c’est quoi un film Ghibli ?-

Studio Ghibli
Hayao Myiazaki en plein travail. Source : www.variety.com

Bien qu’il s’agisse de films d’animation et donc de dessins animés -prenons un peu les raccourcis bêtes et méchants- les productions Ghibli abordent des thèmes actuels, qui font sens dans notre société. Ainsi, on y retrouve la question de l’écologie, du respect de la nature mais aussi des êtres vivants comme dans Princesse Mononoké. Réalisé en 1997 par Hayao Myiazaki, le film raconte l’histoire de Ashitaka, jeune prince frappé d’une malédiction qui, pour éviter une mort douloureuse, doit réconcilier les Hommes, en particulier la ville de Dame Eboshi et la nature personnifiée par des démons -il y a aussi une belle histoire d’amour derrière tout ça-  Vous l’aurez compris, il y a à travers ce film un très fort message écologique et Myiazaki a représenté à travers cette société médiévale la société de consommation dans laquelle nous vivons actuellement. Les idées véhiculées à travers ces films sont facilement associables à des cas auxquels nous sommes confrontés constamment. On peut prendre l’exemple très concret de la soif de conquête et de pouvoir des Hommes destructeurs, chose courante dans la société capitaliste dans laquelle nous vivons. Ce trait est mis en image dans Le château dans le ciel, aussi réalisé par Myiazaki en 1986, à travers le personnage de Muska. Ce dernier cherche par la force à découvrir Laputa mais surtout à détruire cette mystérieuse île. Il y a donc derrière ces airs de dessins animés pour enfants un côté très réaliste dans le choix des sujets qui sont subtilement traités.

Mais Ghibli a aussi cette particularité d’utiliser des enfants pour personnages principaux. Que ce soit dans Mon ami Totoro ou encore Le voyage de Chihiro, les personnages mis en avant sont majoritairement des enfants, qui parfois vont suivre un chemin initiatique comme dans Kiki la petite sorcière, dans lequel cette dernière va découvrir la sorcière qu’elle est et s’accomplir dans son don. Ou qui ont pour but de faire évoluer les personnages adultes autour d’eux -je vais reprendre l’exemple de Princesse Mononoké pour le coup car je le trouve pertinent- A force de persévérance, Ashitaka ouvre les yeux de Dame Eboshi qui finit par respecter la forêt entourant son village et va cesser de la détruire. Ces enfants ou parfois jeunes adultes -dans le cas du film Le château dans le ciel- ont aussi pour but de dévoiler les vices des adultes autour d’eux et de les en guérir. Hauru, sorcier narcissique et incapable d’aimer, retrouve son cœur grâce à Sophie et n’est donc plus obnubilé par sa beauté. Les enfants sont aussi les victimes des décisions des adultes comme dans Le tombeau des lucioles. Film très réaliste aussi bien dans son scénario que son travail d’image, il raconte l’histoire de Seita, un adolescent qui va tenter de survivre avec sa petite sœur durant la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par Isao Takahata en 1988, ce film montre les répercutions de la guerre sur la jeunesse et la perte d’innocence que cela entraîne.

Ghibli
Photo extraite du film Le voyage de Chihiro. 

Autre chose flagrante au sein des Ghibli -et que j’apprécie énormément- c’est le travail effectué sur les personnages. Parfois humains, parfois animaux personnifiés, ces films ne tombent jamais dans le manichéisme total -contrairement à beaucoup de longs-métrages Disney- De cette manière, le spectateur éprouve toujours une certaine empathie envers les antagonistes. Cette particularité rapproche ces personnages fictifs de réelles personnalités puisque en réalité, personne n’est ni tout blanc, ni tout noir ! L’exemple le plus flagrant pour illustrer cette idée qui me vient en tête est celui de Dame Eboshi -oui encore Princesse Mononoké…- qui, malgré le fait qu’elle détruise la forêt et les êtres qui l’habitent, est attachante du fait qu’elle aime clairement ses villageois et en prend soin, comme on peut le voir avec les lépreux ou les femmes. Mais les films Ghibli c’est aussi l’art de créer des univers totalement fantastiques pour faire voyager le spectateur. En témoigne le film Le royaume des chats, qui nous emmène dans un univers parallèle où les félins marchent sur leurs deux pattes arrières et parlent, ou encore Le voyage de Chihiro, qui tout le film durant nous entraîne dans un univers totalement incroyable et bien entendu irréaliste. Que ce soit de manière omniprésente ou subtilement, on retrouve très souvent chez Ghibli ces touches fantastiques.

Pour conclure, les films du studio Ghibli sont des œuvres très légères dans leur forme, propices au voyage et qui pourtant abordent des sujets lourds de sens. A travers le support du film d’animation, les réalisateurs cherchent à nous interroger sur les problèmes de société, ce qui fait la richesse de ces œuvres. Une exposition sur le studio vient d’ailleurs d’ouvrir à Tokyo -pour les intéressés- J’espère que cet article vous a plu mais surtout vous a permis d’en apprendre plus sur ces films si particuliers et beaux. N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire et à me dire quel est votre Ghibli favori, ça m’intéresse ! En attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel article !

12 Comments

  1. Aemilia

    J’adore ces films (et leur musique ♥♥♥), mais il est parfois difficile de faire comprendre aux « non-initiés » qu’un film d’animation n’est pas forcément destiné aux enfants (ou comment se coltiner une image d’ado attardée parce qu’on préfère « Le Voyage de Chihiro » à « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu » – j’exagère à peine :-p)
    Merci pour cet article !

    1. Léa Dabrowski

      C’est vrai que le film d’animation est encore réduit au statut de film pour enfant malheureusement. C’est dommage car beaucoup de films d’animations valent de grand chefs d’oeuvre cinématographiques !

      1. Antoine

        D’autant plus que bon nombre de films d’animations ne sont pas faits pour les enfants du tout. Je pense notamment à « Ghost in The Shell » de Mamoru Oshii qui est un très bon film ( et qui en plus aborde des sujets d’actualité (rapport homme/machine et transhumanisme) alors qu’il date de 1995), ou encore « Wonderful Days » de Kim Moon-Saeng (2004), qui lui n’est pas du tout pour enfants, et qui a aussi la particularité de présenter les traits d’une civilisation ravagée par la pollution, les rapports entre les classes sociales, la cruauté des plus riches et la pauvreté. Film que je vous conseille grandement !

        Et je pense aussi au « Roi et l’Oiseau », du duo Grimault/Prévert, qui, bien qu’il soit pour enfant, m’a littéralement traumatisé parce que justement, je l’ai vu étant enfant. Après ce n’est qu’un avis personnel !

        Des bisous !

        1. Léa Dabrowski

          Je ne connais pas du tout les films que tu cites mais je les garde de côté pour les voir à l’occasion. Pour ma part j’ai beaucoup été bercé par l’idée que le film d’animation, c’est un dessin animé pour les enfants. Du coup j’ai vu principalement des Disneys. Le seul film d’animation qui ne s’adresse pas seulement à des enfants que j’ai vu (à l’exception des Ghibli) c’est Les triplettes de Belleville, un petit film français qui est juste génial !

      2. Antoine

        Je comprends bien, il en fut de même pour moi aussi, Disney fut aussi d’une grande importance car petit on n’en comprend pas vraiment le sens, c’est juste féerique. Donc effectivement quand tu grandis tu cherches plus loin. Mais pour le coup c’est vrai que Disney est un très bon travailleur de rêves.
        Je note aussi pour ce qui est des Triplettes de Belleville, je te remercie.

  2. Gladwood

    Je suis une accro du studio Ghibli. J’aime beaucoup les Ghiblis. Certains sont dur à comprendre pour nous Européens. Ils font références à beaucoup de leurs légendes, dieux, déesses. La premières fois que j’ai vu Le voyage de Chihiro, j’ai pas compris l’intégralité du truc. Enfin me renseignant j’ai compris beaucoup de choses. Bref. Ils son s’ouvrent t’es triste aussi. Mais j’adore.

    1. Léa Dabrowski

      Je dois t’avouer que j’ai eu aussi un peu de mal à comprendre certains films. Forcément on a pas la même culture. Mais avec un peu de recherche tout s’arrange 🙂

  3. Antoine

    Salutations !
    Très bon article comme toujours, c’est toujours aussi fluide et agréable à lire.

    Pour ma part, j’ai beaucoup aimé le Voyage de Chihiro (qui figure parmis mes films favoris), qui entame beaucoup de sujets, comme l’avarice des adultes, de par l’envie des parents de Chihiro de dévorer de la nourriture qui n’est pas la leur, ou alors les habitants de l’Hôtel où travaille Chihiro/Sen qui foncent directement sur les pépites d’or que leur donne Sans-Visage.
    Quelque part, Miyasaki montre bien que les Hommes/Humanoïdes gardent leurs vieux démons, restent cruels entres eux (rien qu’à voir la manière dont certains sont traités), sont avides de richesses quelles qu’elles soient.

    D’autre part, je suis d’accord avec toi sur l’aspect initiatique du voyage que doit faire Chihiro pour retrouver ses parents en tant qu’humains, du fait qu’en arrivant dans ce monde parallèle au sien, ce n’est qu’un enfant trop gâté. Et quelque part je trouve que c’est tout le passage à l’adolescence vers le monde « adulte » que traverse l’enfant, puisqu’elle apprend le sens du travail, celui de la romance avec Haku, mais également la fidélité et l’honnêteté. Elle, contrairement aux autres personnages, ne veut pas de l’or de Sans-Visage, elle ne veut pas de ce que peut lui offrir Yubaba, elle reste intègre.

    Et quelque part à la fin de son voyage elle a déjà grandi, comme si le temps de ce monde parallèle était beaucoup plus long que le monde réel, et qu’intérieurement elle était passée par les stades de l’adolescence, le doute, les premiers sentiments amoureux, la rébellion, l’envie de changement.

    Enfin, un merveilleux film pour moi, je ne connais pas suffisamment (bien que je les ai vu pour la plupart) les films dont tu parles également dans ton article, mais cela vaut le coup de se pencher dessus à nouveau.

    Quoi qu’il en soit continue comme ça, c’est super !

    Des bisous.
    Antoine

    1. Léa Dabrowski

      Merci beaucoup Antoine pour ton commentaire. Ca me fait très plaisir de voir que tu suis les publications et surtout que tu réagis ! Je suis entièrement d’accord avec ta petite explication que je trouve très juste. Je crois que tu as tout dit et qu’il n’y a rien à rajouter 😉

      1. Antoine

        C’est adorable !
        C’est aussi normal que quand quelqu’un fait du bon travail il est aussi bon de le souligner et d’expliquer pourquoi. D’autant plus que Ghibli a bercé mon enfance, donc disons que j’en ai profité !

  4. Vietnam Original Travel

    Les films d’animations Ghibli sont toute mon enfance.
    Les morales qui en ressortent, les emotions qu’on eprouvent devant devraient mettre un terme a la stigmatisation animation = enfants.
    C’est des films parfait pour un tres grand nombre de personnes

    1. Léa Dabrowski

      Malheureusement on a très souvent tendance à associer le film d’animation avec les enfants mais j’ai l’impression que ça tend petit à petit à changer comme avec le dernier Ghibli sorti justement

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