Hot girls wanted

Hot girls wanted, le documentaire choc sur la pornographie

Bonjour à tous ! Je vous retrouve cette semaine pour un nouvel article et -comme c’est ce que vous semblez préférer- il s’agit d’une critique de film ! Comme vous le savez, je traite rarement de films récemment sortis. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n’ai pas énormément l’occasion d’aller au cinéma -non on ne va pas remettre en cause ma crédibilité s’il vous plait- Alors à défaut de vous parler des œuvres récemment sorties cette semaine, j’essaye de me rattraper en vous choisissant des films intéressants -selon moi- autant dans leur forme que leur contenu. Cette semaine, j’ai décidé de vous parler d’une œuvre un peu particulière du point de vue de son sujet -plus que choc- Il s’agit de Hot girls wanted, que vous avez peut-être vu -ou non-

Réalisé par Jill Bauer et Ronna Gradus, Hot girls wanted est un documentaire Netflix sorti en 2015 -vous l’aurez compris, ce n’est pas un film récent mais il ne date pas pour autant- A travers l’heure et demie que dure le film, les deux réalisatrices nous font découvrir les coulisses de l’industrie pornographique -vous comprenez pourquoi le sujet porte à débat- et plus particulièrement le quotidien de ces jeunes américaines, à peine majeures, qui décident de se rendre à Miami pour se faire une place dans le milieu. Le film a été sélectionné au Festival Sundance qui est le principal festival américain de cinéma indépendant. Etant donné qu’il s’agit d’un film documentaire, on ne peut pas vraiment parler de synopsis pour Hot girls wanted. En effet, ce genre a pour particularité de capter le réel. Ainsi, ce sont les prises faites jour après jour qui orientent le projet. Alors évidemment le point de vue est choisi par le réalisateur -dans ce cas précis les réalisatrices- puisqu’il faut faire un choix parmi les rushes pris, et au fur et à mesure du film on voit clairement dans quel but il a été réalisé. Mais d’un point de vue scénaristique, il ne s’agit pas du tout de la même construction qu’un film de fiction.

Photo extraite d'une scène de discussion entre Tressa et Jade. Source : www.vodzilla.co
Photo extraite d’une scène de discussion entre Tressa et Jade. 

Dès le début de Hot girls wanted, les bases sont posées : la pornographie est quelque chose d’omniprésente dans notre quotidien, on le sait tous, mais quoi de plus efficace et de plus frappant que l’utilisation de chiffres et de stars qui nous servent parfois de modèles ? Baeur et Gradus nous montrent tout au long de l’oeuvre à quel point nous sommes concernés par ce qui est filmé puisque nous -je parle de manière globale hein, que personne ne se sente visé- sommes demandeurs de pornographie. Et plus particulièrement de la pornographie sujette du film, celle où ces filles à peine majeures, ressemblant à des adolescentes, sont mises en scène. Le film, qui nous fait entrer dans les coulisses de cet univers, donne enfin la parole à ces jeunes femmes qui rêvent de gloire et de célébrité. Il est composé des témoignages de ces inconnues qui, pour leur carrière éphémère, prennent un surnom : Ava, Lucy, Brooklyn. Mais rapidement il est clair que toute l’attention est centrée sur une fille : Tressa. Elle est le modèle type de la jeune femme assoiffée de liberté, qui a cédé à l’argent facile.

Sans complexe, on découvre le fonctionnement de ces maisons dirigées par un agent. Il fait venir ces jeunes femmes, les entretient, leur trouve des contrats en échange d’un pourcentage sur leurs recettes. A première vue l’ambiance est bonne enfant, on se croirait dans une sorte de collocation où tout le monde s’entend à merveille -bref un univers de bisounours- Pourtant l’envers du décor est bien différent de ce que cherche à renvoyer ce milieu. Si à l’abord ces filles semblent heureuses, croyant tenir le monde entre leurs mains, on se rend compte rapidement que ce choix de vie leur pèse. Elles se confient face caméra, un peu pudiquement, sous le regard indifférent de leur manager. J’ai ressenti devant Hot girls wanted une forme de fatalité dans ces confidences.

Pour rendre ces témoignages plus frappants, le documentaire nous fait donc suivre l’une de ces filles, que ce soit lors de ses visites chez ses parents ou des moments qu’elle passe avec son petit ami. Et clairement, il en ressort qu’elle est prisonnière de ce milieu. L’optimisme du début de sa carrière s’est évaporé pour laisser place à une sorte de fatalisme : c’est un milieu qui la pousse à faire des choses qui ne lui plaisent pas, mais l’espoir de devenir célèbre l’empêche de retourner à son ancienne vie. Tressa est ainsi durant le documentaire tiraillée entre ces deux choix, avant de finalement prendre sa décision. Ce que Hot girls wanted fait éclater au grand jour, c’est la soif de reconnaissance, l’envie d’être connue de ces jeunes filles et il n’y a pas de moyen plus efficace pour se faire rapidement un ‘‘nom’’ que le milieu pornographique. Il s’agit en fait du nouveau rêve américain de millions de jeunes femmes -contrairement à ce qu’on pourrait penser- Un peu comme internet, c’est un univers où tout va très vite, et ça l’un des acteurs filmés l’explique très bien : ces ‘‘midinettes’’, comme ils les appellent, ne suivent pas une carrière de plus de trois mois en général -pour le coup on ne peut pas vraiment parler de carrière-

Photo extraite avant le tournage d'une scène. Source : www.Netflix.com
Rachel et son partenaire avant le tournage d’une scène. 

En parallèle, le documentaire montre un côté bien différent de ce monde, bien moins sombre : celui de la reconnaissance. Belle Knox est une star du porno, semblable à ces filles que Baeur et Gradus suivent ; elle est entrée dans le milieu pour payer ses études. Egérie de cette catégorie de films où les actrices ont l’air extrêmement jeunes, elle défend la cause de son métier, l’embellit pour le grand public. On se retrouve alors face à deux visions bien différentes du milieu ; néanmoins, lors de ses interventions publiques, que ce soit à la radio ou lors de talk-show, on n’aborde jamais des questions trop délicates -il ne faudrait pas choquer Mr et Mrs Smith en leur exposant toute la vérité voyez-vous- Hot girls wanted nous montre bien l’envers du décor, celui où ces filles font des choses qu’elles considèrent comme dégradantes -comme cette scène dont Ava nous parle, plus qu’humiliante- Un carton nous rappelle d’ailleurs que, selon de récentes recherches, près de 40% des films pornographiques représentent des violences contre les femmes. Autant dire que ce n’est pas le milieu plein de paillettes que Belle Knox semble vendre… «Et là j’ai compris que c’était ce que les victimes de viol devaient ressentir » vous sentez la violence de cette phrase prononcée par l’une de ces filles à propos d’une scène qu’elle a tournée ?

Hot girls wanted c’est donc un documentaire qui nous permet d’ouvrir les yeux sur un univers plus présent qu’on ne le croit et dont nous n’imaginons pas toujours les conséquences. Ce film nous montre, sans porter de jugement, l’envers de ce milieu mais aussi le fait qu’il touche finalement des filles lambdas. J’espère que cet article vous a plu et que, malgré les impressions que l’on peut avoir au premier abord devant ce film, vous prendrez le temps de le regarder. N’hésitez pas à laisser votre avis en commentaire et à partager cet article. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau post !

8 Comments

  1. Sweet Judas

    Ils ont l’air intéressants les documentaires Netflix. Je ne suis pas abonnée, donc je n’en ai encore vu aucun mais les articles et divers posts que je vois à leurs sujets titillent ma curiosité… Notamment celui-ci. On parle souvent du milieu pornographique comme d’une véritable industrie mais sans vraiment « humaniser » les acteurs et surtout les actrices. J’aime beaucoup l’idée d’exposer le décalage entre une certaine forme de naïveté des jeunes actrices, « à peine majeures » comme tu le soulignes, et leur entrée dans un monde où on produit des films à la chaîne.
    Si j’en ai l’occasion, je le visionnerai celui-ci, je pense !

    1. Léa Dabrowski

      Je te conseille fortement de le regarder. Le contraste entre l’hyper sexualité qu’on véhicule et l’envers du décors est violent. Je ne suis pas non plus abonnée à Netflix mais tu peux le trouver ailleurs sans trop de soucis. Tu verra que dans le documentaire c’est impressionnant comme les filles sont utiliser comme des objets. Rien que le fait qu’un acteur dise « Si elles sont douées, elle feront 3 mois dans le milieu et on passera à une autre », c’est frappant…

  2. Vampaiaa

    Hello !
    Comme je t’ai dis sur IG, ce docu m’a choqué ! Autant sur les images que sur les faits et conditions des filles. Cependant, même si j’ai l’impression que ce documentaire est tourné en sorte qu’on est « pitié » de ces filles, en prenant conscience de leur réalité, mais pour moi elles l’ont choisi et il faut pas qu’elles viennent se plaindre. Bon après c’est surement mon caractère de gémeaux qui parle, je suis dans la vie de tous les jours en mode « pas de pitié pour personne » ahah.
    Je crois que la scène choquante que tu évoques avec Ava c’est la scène du vomissement non? Et bien c’est particulièrement devant cette scène que j’ai pété un plomb. Elle pleure des conditions de cette scène, de la violence de l’acte, du dégout, mais ces filles ont préféré arrêter l’école et avoir de l’argent facile, elle pensait qu’elles allaient être les nouvelles Kardashians j’ai l’impression. Je sais pas à quoi elle s’attendait même si le mot « porno » est assez évocateur. Mais en terme de réalisation et de message à faire passer, ce documentaire est prenant, il n’y a rien à dire.

    1. Léa Dabrowski

      Coucou 🙂
      Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi dans le sens où ce n’est pas si simple que ça. Ce n’est pas dit clairement mais on sent que ce n’est pas totalement la « faute » de ces filles. Les réalisatrices le montre dès le début avec l’hyper sexualisation qui est omniprésente dans notre société. Par conséquence, c’est le modèle que les filles ont tendance à suivre car c’est ce qu’on leur montre et c’est ce que font leurs idoles. Par association, c’est ce qui semble être la bonne chose à faire. Ensuite, on voit que les annonces ne sont pas très explicites « cherche jolie fille » c’est pas très parlant même si on devine le sous-entendu. Comme le dit Tressa, ce n’est que dans l’avion qu’elle a compris de quoi il en retournait. Je ne trouve pas que le film cherche à ce qu’on ai pitié des filles. En soit elles ne se plaignent pas, Ava a même choisis d’en faire sa carrière. Je pense plus que cet angle est utilisé pour casser le mythe « le porno c’est cool, tu gagnes beaucoup d’argent en faisant l’amour » car entre le film fini et le background on se rend compte qu’il y a un fossé… A mon avis, elles se sont engagées dans le porno en toute conscience mais sans savoir que certaines scènes pourraient être aussi violente comme quand Rachel va à Los Angeles pour une scène et que ça se révèle plus violent que ce qu’on lui avait dit. Ce n’est pas tant des filles en soit dont il faut avoir pitié mais ce sont plus les conditions de tournages qui poussent à réfléchir.

    1. Léa Dabrowski

      Je suis ravie de voir que l’article t’a donné envie de voir le film. N’hésite pas à me dire ce que tu en as pensé quand tu l’aura vu 🙂

    1. Léa Dabrowski

      Effectivement Netflix propose quelques documentaires (enfin, il en produit) sans doute parce que c’est un cinéma assez particulier qui demande moins de budget qu’un film ou une série. Je ne sais pas si il y a une position politique de l’entreprise derrière mais en tout cas, les deux que j’ai pu voir m’ont totalement captivés.

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