Macbeth : Quand le théâtre croise le chemin du cinéma

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui avec un nouvel article pour vous parler d’un film que j’ai vu il y a peu : Macbeth réalisé par Justin Kurzel -alors oui je sais je suis un peu en retard niveau sortie ciné- puisque le film date de novembre dernier mais bien qu’il ait suscité mon intérêt, la petite étudiante que je suis n’a pas trouvé le moyen de le voir avant -et aussi parce qu’aller au cinéma c’est malgré tout un budget- J’ai choisi de vous parler de ce film car il me semblait intéressant sur plusieurs points mais avant toute chose, de quoi s’agit-t-il ? Si vous ne l’avez pas deviné, c’est l’adaptation cinématographique de la célèbre pièce du même nom écrite par Shakespeare. Macbeth, chef de l’armée de Duncan, le roi d’Ecosse remporte une bataille sanglante ; trois sorcières lui apparaissent, prédisant pour Macbeth un futur statut de roi. Ce dernier, aidé de sa femme tue alors Duncan dans le but de prendre sa place. Ils vont à partir de ce moment là plonger dans la folie : tandis que Macbeth s’engoufre dans un cercle criminel, sa femme sera elle rongée par les remords de l’assassinat de Duncan.

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Photographie extraite du film Macbeth. Source : Pinterest

La première chose qui m’a frappée en découvrant le film c’est la manière utilisée par Kurzel pour traiter l’esthétique de l’image, que ce soit à travers les magnifiques paysages qui nous sont présentés ou encore les effets de montage tels que le splendide ralenti lors de la scène de combat. Cela créer chez le spectateur une sensation de temps suspendu et adoucit d’une certaine manière les dialogues que le réalisateur à décidé de conserver tels quels -ils donnent une impression de poésie très appréciable bien que l’écriture de Shakespeare ne soit pas évidente à comprendre- Il y a d’autant plus un jeu intéressant sur les couleurs, en effet les tons sombres, majoritaires durant les deux heures que dure le films contrastent avec le rouge de la violence des combat, du sang et du feu. Kurzel a donc effectué à mon sens un véritable travail de réflexion autour de l’image et qui détonne agréablement avec ce qui nous est présenté habituellement -je trouve le montage globalement fluide- on laisse au spectateur le temps d’admirer les images.

Mais un autre aspect majeur est maîtrisé par Kurzel : le développement de la psychologie des personnages. Ainsi Macbeth a un destin trop lourd pour lui qui l’écrase puisque la prophétie qui lui est annoncée le pousse au crime et à l’isolement. Il cherche constamment à éliminer tous ceux qui pourraient lui nuire, tandis que sa femme, elle sombre dans la folie, poursuivie par le meurtre de Duncan, elle cherche à retrouver son innocence. Marion Cotillard incarne à la fois la soif du pouvoir, un désir de s’élever socialement mais aussi le remord profond qui causera sa mort -autant dire que le rôle est complexe à jouer- Une forme d’empathie est créée chez le spectateur vis-à-vis de ces personnages aspirés par leur avidité de pouvoir, on aimerait pouvoir les sauver alors qu’ils s’enfoncent peu à peu. Ces états psychologiques des personnages sont soutenus par la musique. Cette dernière est constante, subtilement elle reste en arrière plan, ce qui nous plonge dans un état constant de tension, une forme d’angoisse qui nous suit à propos du devenir de Macbeth.

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Photographie extraite du film Macbeth. Source : Pinterest

Macbeth est donc un film qui joue énormément sur l’esthétique, il développe sa propre identité tout en restant fidèle à la pièce comme, le montre les divers monologues. Néanmoins bien que la marque de Shakespeare soit très présente, Kurzel a réussi à s’approprier cette œuvre et à l’adapter sur un support cinématographique tout en faisant ses propres choix artistiques. En conclusion c’est donc un film à voir, pour sa beauté, bien que pouvant flirter avec l’ennuie de part le choix de la forme des dialogues, et sa dynamique qui peut paraître lente aux yeux de certains. J’espère que cet article vous aura plu et peut-être vous aura-t-il donné envie de voir Macbeth, si ce n’est pas déjà le cas. N’hésitez pas à partager votre avis en commentaire, j’y répondrai avec plaisir.

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