Making a murderer : le procès de la justice américaine

Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous retrouve pour parler d’une série produite et diffusée par Netflix en décembre 2015 qui a fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps : Making a murderer -pour les amateurs je suis certaine que vous voyez de quoi je parle- Cette série documentaire a fait polémique pour son contenu et tout ce qu’elle remet en cause. Réalisée par Laura Ricciardi et Moira Demos on retrace à travers 10 épisodes les déboires de Steven Avery, un américain issu du white trash (une classe sociale relativement pauvre et qui a peu accès à l’éducation) avec la justice américaine.

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Source : Pinterest

Si cette série a fait couler autant d’encre c’est pour une simple raison : elle remet en cause le système judiciaire américain. Accusé dans un premier temps pour un viol qu’il n’a pas commis, Avery va purger une peine de 18 ans de prison avant que son ADN ne le disculpe. Mais l’enfer recommence quelques années plus tard lorsqu’il se retrouve être le suspect principal d’un meurtre qu’il clame ne pas avoir commis. Au fil des épisodes il nous est montré toutes les incohérences de ce système judiciaire ainsi que la discrimination sociale qui régit toute l’affaire. En effet, au Etats-Unis seules les personnes ayant les moyens peuvent se défendre en payant de bons avocats -Avery part avec une balle dans le pied- et pour ne rien arranger, dès le début de l’affaire on refuse à l’accusé la présomption d’innocence. Alors que cette présomption permet un procès équitable et est garantie par le quatorzième amendement de la Constitution.

Mais outre le fait que la controverse vient des droits bafoués de Avery, elle provient aussi du fait que l’image de la justice américaine est remise en cause. Au cours des différents épisodes, l’idée très manichéenne que la police est représentative du bien est remise en question. C’est pour le spectateur américain un revirement total de ses convictions les plus profondes. Bien qu’il ne nous est montré que le point de vue du parti de Avery (Laura Ricciardi a expliqué lors d’une interview que la partie de l’accusation n’a pas donné suite à leur demande d’entretien) il est clairement mis en évidence que l’autorité semble corrompue. Ce sentiment ne quitte pas le spectateur et c’est de là que vient le côté addictif de Making a murderer, on veut savoir ce qu’il s’est réellement passé et ce qui nous est caché -chose très frustrante puisque le verdict nous laisse insatiable-

Tout l’intérêt et la question suscitée par la série est donc de savoir si un jour nous saurons la vérité. Celle qui nous est proposée est insatisfaisante. Entre les extractions d’aveux qui feront plonger Brendan Dassey, le neveu de Avery, ou les entorses au protocole avec les analyses de sang par exemple, il est clair que les accusés ne bénéficient pas d’un procès équitable. Ceci est renforcé par l’ultra-médiatisation des événements et le fait que Dassey et Avery sont préjugés coupables dès le début de l’enquête.

Making a murderer c’est donc le portrait d’une famille complètement démunie face à la puissance de la justice américaine,  mais c’est aussi l’image d’une institution qui peut être vicieuse et manipulatrice pour satisfaire ses propres intérêts. Je vous invite donc à regarder cette série, ne serait-ce que pour vous rendre compte de l’ampleur de cette affaire et de ses conséquences.

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