Les secrets du cinéma de propagande

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui avec un nouvel article et cette semaine on va aborder un thème un peu particulier -mais néanmoins très intéressant- qui est le cinéma de propagande. Mais pourquoi ce sujet ? Tout simplement parce que j’aime beaucoup l’Histoire -sans être très douée car clairement j’ai beaucoup de mal à retenir les dates- mais ayant travaillé sur ce sujet dans le cadre d’un dossier il me semblait intéressant de partager avec vous tout ce que j’avais pu trouver lors de mes recherches. Dans cet article je ne vais pas vous parler d’une propagande réalisée dans un cadre historique précis mais pourquoi et comment le cinéma est utilisé de manière générale dans ce cadre.

Comme toujours avant de commencer mon article, il faut définir précisément ce que signifie le terme de propagande -je dois vous saouler avec mes définitions mais je vous jure, ça aide !- J’ai donc fait mon petit tour dans le dictionnaire et selon le Larousse la propagande c’est « Une action systématique exercée sur l’opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines notamment dans le domaine politique ou social. » en somme la propagande c’est un travail de manipulation de la pensée collective. Mais quel est son intérêt, concrètement à quoi ça sert et pourquoi particulièrement au cinéma ? L’avantage de la propagande est de transmettre une idée à un plus grand nombre et pour cela, il faut utiliser le média le plus populaire de l’époque. Ainsi pendant la Première Guerre mondiale la propagande se retrouvait au coeur des journaux ou bien à la radio. Mais le cinéma s’est révélé être un moyen plus efficace pour ce travail de manipulation des esprits. En effet, très vite populaire -il faut savoir qu’au tout début du cinéma les films étaient projetés dans des foires- et bénéficiant d’avancées techniques, cet art est devenu au fil du temps de plus en plus attractif. Grâce au cinéma, les auteurs de la propagande ont alors la possibilité de toucher un large spectre de la population, une catégorie considérée comme ‘‘non intellectuelle’’. Avec le travail des images, il est simple de transmettre une philosophie, une idéologie de manière fluide. Le travail sur l’inconscient permet de manipuler facilement les émotions du spectateur et comme dans tout autre média de propagande, on ne choisit de montrer que ce qui permet de valoriser les idées défendues. De cette manière il est simple de mettre en avant une idéologie tout en en dévalorisant une autre.

Hitler et Goebbels lors d'une visite des studios de l'UFA. Source : lefigaro.fr
Hitler et Goebbels lors d’une visite des studios de l’UFA. Source : lefigaro.fr

Autre détail important à propos de la propagande c’est que cette dernière est souvent associée à la censure qui est un examen préalable effectué par les autorités qui déterminent ce qui peut être ou non rendu public notamment dans le cadre artistique. Mais cela n’est pas systématique puisque l’on retrouve aujourd’hui encore des films réalisés dans un but de propagande sans être soumis à la censure -je vais vous en parler un plus bas dans l’article- Il paraît donc évident que dans le cadre de la propagande politique les artistes ne sont pas libres dans leur choix artistiques, ces derniers leurs sont imposés et ils sont souvent contraints de répondre à certaines normes. Ainsi les films de la propagande nazie mettaient en avant la force de la race aryenne en opposition au vice que pouvait représenter le peuple juif. Peu importe l’idéologie défendue dans un document cinématographique de propagande, les codes restent les mêmes, on retrouvera donc l’utilisation d’une contre-plongée pour mettre en avant un personnage incarnant l’idée défendue par exemple. En opposition, les réalisateurs caricatureront ce qui est considéré comme nocif au groupe ce qui permet d’allier l’opinion publique à la conception mise en avant. Si l’on prend l’exemple de Juif Süss, un film de propagande nazie réalisé en 1940 on remarque très vite que le peuple juif endosse le rôle du ‘‘méchant’’, que ce sont les personnages de religion juive qui sont à l’origine de tous les maux -quand je pense que j’ai dû le regarder dans le cadre de mon dossier sur le cinéma de propagande…- Il y a dans ces films un schéma manichéen très puissant qui a une influence sur l’inconscient du spectateur. Ce dernier soumis à la puissance des images finit automatiquement par adhérer à la doctrine qui lui est proposée.

Photo extraite du film AMERICAN SNIPER réalisé par Clint Eastwood. Source : Pinterest
Photo extraite du film American sniper réalisé par Clint Eastwood. Source : Pinterest

Mais le cinéma de propagande ne s’applique pas seulement lors de périodes de tensions politiques, au contraire. Encore aujourd’hui on peut retrouver à l’écran des films faisant la propagande d’une idée sans être soumis à la censure. En réalité on ne peut pas parler de propagande puisque cette apologie d’une pensée n’est pas dépendante de l’Etat en place et vient d’une personne lambda si l’on peut dire. Mais sur certains films dont l’idéologie est forte, tous les codes de ce système sont repris. Prenons par exemple le dernier film de Clint Eastwood : American Sniper. Sorti l’année dernière on remarque en prenant du recul qu’il s’agit d’une forme de propagande en faveur des Forces armées américaines et de la guerre en Irak -je n’avais jamais vu le film sous cet angle jusqu’à ce que je commence mon travail sur cet article- En effet si l’on regarde attentivement le film, ce dernier met en avant le patriotisme américain et fait du héros Chris Kyle un surhomme. Le fait d’avoir choisi de faire un Biopic sur cet homme n’est pas anodin puisqu’il représente la réussite et la loyauté d’un homme envers son pays, qui combat pour le bien de ce dernier. Et bien que quelques scènes nous montrent les dégâts causés par cette carrière, il est clair que l’on fait sentir en arrière plan au spectateur que c’est en quelque sorte un mal pour un bien. Avec ce film, Eastwood cherche à créer une sorte d’engouement pour les Forces armées américaines à une période où cette guerre est d’ailleurs de plus en plus remise en question. American Sniper n’est pas à proprement parler un film de propagande mais il en reprend les codes esthétiques en faveur d’un point de vue.

Le cinéma de propagande c’est donc une manipulation du spectateur, un jeu avec les images et la mise en scène afin de vous faire adhérer à des opinions qu’il ne vous viendrait jamais à l’esprit de défendre. Une partie du côté artistique du cinéma s’efface au profit de méthodes de communication plus qu’efficaces. J’espère que cet article vous a plu et a été instructif. N’hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé, en attendant, on se retrouve la semaine prochaine !

12 Comments

  1. Romy21

    Article très intéressant, L’idée de développer cet aspect du cinéma est une bonne idée! Je n’ai pas vu « American sniper » mais tu as bien fais de le mettre en exemple car c’est un film récent que pas mal de gens connaissent (Il faudrait que je le regarde d’ailleurs!)

    1. Léa Dabrowski

      Je suis contente que l’article te plaise 🙂 En ce qui concerne American Sniper je te conseil fortement de le voir, il est vraiment beau d’un point de vue esthétique bien que je n’adhère pas totalement à l’idée qu’il véhicule ^^

  2. Nina

    Excellent Article, tout comme toi parfois j’aime l’esthétique d’un film sans pour autant partager l’idée véhiculée. J’arrive à reconnaître le message véhiculé mais je prefère lorsque le message reste subtile et permet à chacun de se faire un avis. Un excellent exemple serait le film Ajami. Bises !

    1. Léa Dabrowski

      Merci pour le commentaire, je file de ce pas faire un tour sur ton blog !
      Je n’ai jamais vu Ajami mais je le note dans un coin de ma tête 🙂

  3. la goundette

    Article intéressant! ca me fait penser aux films de Stallone ROCKY (un de la série ) ou il y a le gentil américain qui combat le méchant russe..En pleine période de guerre froide ca me fait penser à de la propagande..
    Je regarderai American sniper en ayant ton article en tête!

    1. Léa Dabrowski

      Tu as raison c’est exactement ça dans Rocky ! La propagande peut être subtile et le plus bel exemple ce sont les films réalisés par les américains pendant la Guerre Froide ou encore la Seconde Guerre mondiale où les méchants sont tous allemands ou soviétiques.

  4. Evan

    Première fois que je lis un de tes articles . Vachement bien au passage . Mais je trouve qu’il y avait une volontée énorme d’objectivité dans American Sniper. Car au final on montre ce qui est censé être un puissant héros térrassé par les cicatrices émotionnelles , je trouve que ca va dans le sens contraire de l’objectif d’un film de propagande, il n’idéalise pas la guerre en montrant un homme si puissant rendu si faible . Et on représente une version idéalisée de l’armée car onraconte l’histoire d’un homme qui a idéalisé cette armée . En tout cas ce film ne me donne pas envie de m’engager . De plus que celui qui a tué Chris Kyle était un vétéran de l’irak atteint de PTSD .

    1. Léa Dabrowski

      Coucou, je te remercie tout d’abord d’être passé sur le blog, j’espère que cet article t’a donné envie de lire les autres. Alors, American Sniper n’est pas un film de propagande au sens propre (j’ai sans doute utilisé les mauvais mots dans l’article) mais il en reprend les codes déjà esthétiques. Rien que le sujet, le fait de prendre Chris Kyle et pas un autre est une forme de propagande dans le sens où on voit l’aspect nécessaire de cette guerre. Comme tu le dis, il y a une représentation idéalisée de la guerre et rien que ça je trouve que ça se raccroche un peu à la propagande. Ca ne nous concerne pas nous directement mais si tu te mets à la place d’un citoyen américain, si il se reconnait dans le personnage de Chris ça peut jouer sur son envie ou non de s’engager.

  5. jojo

    Malheureusement, cette propagande est omnipresente dans le cinema US… J’ai vu dans un making of un producteur qui expliquait qu’un film americain devait prendre le parti des americains dans toutes les guerres, car l’Armée US ne prétent pas de materiels si l’histoire ne met pas en avant leurs actes heroiques… et donc si aucun prêt de l’armée, pas de film…

  6. Gladwood

    Tres bon article !

    Le cinéma de propagande, c’est un peu partout, tout le temps. Mais la pire propagande télévisuel c’est celle de tous les jours, dans toutes les pubs, émissions. Quand on prête attention a ça, on se rends compte a quel point elles sont nombreuses, c’est flippant !

    1. Léa Dabrowski

      Tu as tout à fait raison, avec mes études j’ai quelques cours de théories sur la communication et c’est impressionnant la manière dont nous sommes constamment manipulé (même lorsque tu regardes un simple JT)

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