Les vertiges de l’effet vertigo

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui comme chaque dimanche pour un nouvel article -eheh les habitudes ça se prend vite !- Mais de quoi vais-je bien pouvoir vous parler ? Eh bien après avoir cherché un sujet assez intéressant, je me suis décidée pour un effet esthétique que je trouve à la fois très beau et pertinent : l’effet vertigo. En plus, je suis certaine que vous l’avez tous croisé au moins une fois dans un film -sans forcément vous en être rendu compte- Il est aussi très facilement identifiable alors après des articles un peu compliqués -en particulier celui concernant le cinéma de propagande- pourquoi ne pas souffler un peu avec quelque chose de plus ‘‘léger’’ ?

Alfred Hitchcock et Kim Novak sur le tournage de SUEURS FROIDES. Source : Pinterest
Alfred Hitchcock et Kim Novak sur le tournage de SUEURS FROIDES. Source : Pinterest

Mais de quoi s’agit-il ? L’effet vertigo a été créé par Alfred Hitchcock, on le retrouve pour la première fois à l’écran dans Sueurs froides réalisé en 1958 -dont le titre d’origine est Vertigo ; ceci explique cela- Hitchcock c’est le grand maître du suspense, clairement si vous voulez avoir des frissons c’est un incontournable. Dans le film, l’effet est utilisé afin d’exprimer le vertige de Scottie, le personnage principal qui cherche à sauver la femme qu’il aime du suicide. Aussi appelé travelling compensé, cet effet est réalisé grâce à la combinaison de deux mouvements : un travelling de la caméra et un zoom. Pour effectuer un effet vertigo on utilise donc un travelling arrière accompagné d’un zoom avant (ou inversement). Ces deux mouvements qui se compensent entraînent une compression ou un allongement de la perspective. Cela déforme donc les objets se trouvant dans le champ puisque c’est la perspective qui permet la représentation des objets en trois dimensions. Cela implique donc de prendre en compte le focus qui permet de donner une image nette du sujet -un effet vertigo avec un sujet flou est carrément raté- ce dernier doit rester net malgré le mouvement de caméra qui entraîne la modification de perspective. Très compliqué à réaliser, l’effet vertigo est plus flagrant lorsque le sujet filmé est immobile, celui mis en place dans Psychose lorsque Arbogast monte les escalier est affaibli par le mouvement du personnage -je trouve que le travelling arrière est moins marqué- Cette impression est aussi renforcée par le fait que les effets vertigo que l’on peut voir aujourd’hui sont réalisés avec un matériel moderne, le focus s’adapte automatiquement au sujet ce qui facilite les choses -Hitchcock lui il devait  faire ses réglages manuellement-

 

Voilà pour l’aspect théorique et la définition de ce qu’est l’effet vertigo. Mais le mieux pour se rendre compte de la puissance de cet effet esthétique est de le voir et c’est pour cette raison que j’ai choisi de vous parler d’un effet vertigo que j’aime beaucoup -évidemment il y en a d’innombrables, autant dire que le choix a été difficile-  Il est mis en place dans Les affranchis, film réalisé par Martin Scorsese racontant l’histoire de Henry Hill qui depuis son enfance rêve de devenir gangster et de faire partie de la mafia. L’effet vertigo est utilisé au moment où Henry discute avec l’un de ses amis, Jimmy, du procès qui l’attend. Le travelling inversé est utilisé pour renforcer la position de faiblesse dans laquelle se trouve Henry, comme si le personnage était oppressé par ce qui l’entoure. Il y a aussi l’idée que cet univers auquel il appartient lui échappe, la stabilité dans laquelle il était ancré s’écroule, il perd sa position acquise au sein de l’organisation. L’effet vertigo montre donc un réel bouleversement dans l’ordre jusqu’alors établi. Que ce soit dans Les affranchis ou un autre film, l’effet vertigo est majoritairement utilisé pour manifester un bouleversement dans un cadre ordonné, il permet de séparer un personnage de l’univers dans lequel il était jusqu’alors inséré, qui perd pied.

L’effet vertigo est donc un choix esthétique très beau bien que difficile à mettre en place. Il est d’autant plus révélateur que ce soit sur l’aspect narratif du film ou sur la psychologie des personnages par exemple. Il n’est donc jamais utilisé de manière purement esthétique et permet de développer un aspect du film de manière signifiante. J’espère que cet article vous aura plu, il est un peu plus court que les autres ce qui peut paraître frustrant -mais je me rattrape la semaine prochaine, promis !- Et vous quel est votre effet vertigo favori ? Dites moi tout en commentaire !

1 Comment

  1. Romy21

    L’effet vertigo que je préfère est bien sûr celui d’Hitchcock dans « Sueurs Froides »! Il nous montre vraiment très bien le vertige de Scottie et rend le suspense toujours plus intense. (Bref Hitchcock est un génie d’autant plus que j’adore ce film!!)

Laisser un commentaire