Xavier Dolan, le cinéaste de la femme

Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous retrouve pour un nouvel article un peu particulier. Cela faisait un moment que l’envie d’écrire sur des réalisateurs ou acteurs me démangeait et je saute désormais le pas. Pour premier sujet de cette catégorie j’ai choisi un artiste que j’aime tout particulièrement : Xavier Dolan. Outre le fait que c’est une personne dont j’affectionne énormément les films, je trouvais intéressant de vous parler d’un thème récurrent dans la plupart de ses oeuvres : la relation mère/fils.

xavier-dolan-ambassadeur-louis-vuitton-20151
Photographie de Shayne LAVERDIERE pour le magazine Toronto Life

Déjà dans son premier film J’ai tué ma mère sorti en 2009, Dolan aborde ce sujet à travers l’histoire de Hubert, un jeune adolescent en pleine crise avec sa mère. On retrouve alors les lignes principales de ce thème de prédilection : une mère désemparée face à son fils qui l’aime mais qui l’aime mal et un père absent. La récurrence de ce motif, Dolan la justifie du fait que « Ma mère est au centre de mes impulsions créatives » ses films ont donc pour certains une part autobiographique -je parle en particulier de J’ai tué ma mère et Mommy- et l’image de mère y est donc de manière évidente centrale. Cette idée se confirme d’ailleurs à travers les diverses interviews données par Xavier Dolan, il y parle notamment d’un père absent durant sa jeunesse et d’une mère qui avait décidé de l’envoyer en internat -mettez tout ça par écrit et vous obtenez le scénario de J’ai tué ma mère- Avec Mommy sorti en 2014, c’est le même schéma que l’on retrouve. On peut d’ailleurs qualifier cette oeuvre de « remake » du premier film du réalisateur, bien qu’il soit plus aboutit et que l’intrigue soit totalement différente. Mais on retrouve là aussi l’amour conflictuel entre Steve et sa mère ainsi qu’une absence de la figure paternelle très marquée, puisque c’est sa mort qui a fait dégringoler les personnages. 

Les rapports mère/fils proposés par Dolan dans ses films ont un aspect malsains ; autant dans les deux œuvres précédemment citées ils sont conflictuels, violents même. Mais le jeune québécois nous propose une autre facette de cette relation dans son film Les amours imaginaires. Le détail est subtil, il faut ouvrir l’œil pour le remarquer. Mais regardez bien dans cette fameuse scène où Nicolas organise une fête pour son anniversaire, la caméra le filme alors dans une danse sensuelle avec sa mère -première apparition de ce personnage intriguant- Il est clair que l’image renvoyée est celle d’une forme d’amour incestueux entre les deux protagonistes, idée renforcée par le prénom attribué à cette mère mystérieuse : Désirée, ce qui peut être interprété comme l’idée du désir sexuel.

heartbeats_dancing
Photographie extraite du film LES AMOURS IMAGINAIRES (2010) réalisé par Xavier Dolan

On retrouve chez Dolan cette forme de fascination pour la place de la mère et son impact sur les personnages, elle est un élément clef de la création chez l’artiste qui s’évertue à développer ces rapports d’un point de vue différent au fil des films. Mais c’est aussi le reflet de son évolution, puisqu’il a à de nombreuses reprises expliqué que « A l’époque de J’ai tué ma mère, j’avais voulu, je pense punir ma mère. Seulement cinq ans ont passés depuis, mais je crois bien aujourd’hui à travers Mommy, j’essaie maintenant de la venger. » A travers ses films Dolan cherche à offrir une place toute particulière à la femme, il fait de la mère un personnage à part entière, le noyau du film.  Il la traite d’autant plus sous tous ses aspects, que ce soit en tant que mère désemparée face à son enfant qui lui échappe ou mère idéale, rêvée par le jeune réalisateur, telle que l’interprète Patricia Tulasne dans J’ai tué ma mère -elle y joue Hélène, la mère d’Antonin- La figure maternelle c’est donc le nerf créateur pour Dolan, une inspiration reprise dans la majeure partie de ses créations.

J‘espère que cet article vous a plu, que ce nouveau format vous intéresse. Si vous voulez d’autres posts sur le même sujet, ou si vous avez la moindre remarque, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire. Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau sujet ! 

 

2 Comments

  1. Mayelle

    Hey 🙂 Article intéressant, mais deux petits points à voir selon moi : Le titre est un peu trompeur. On ne pense pas du tout qu’on va avoir un article sur la vision de la mère dans le cinéma de Dolan, mais véritablement un article sur la femme au cinéma. De plus, j’aurais aimé en savoir plus sur Dolan en intro, voir un peu ses autres films, peut être justement (je connais pas assez ses films pour voir si c’est possible) parler des films où la mère est moins présente, voir comment il la traite lorsqu’elle est secondaire. Pour moi, l’idée est super, la rédaction est super, mais j’ai encore un peu faim après, j’en veux plussss !

    1. Léa Dabrowski

      Merci pour ton commentaire Maelle ça fait super plaisir ! 🙂
      Je prends tes petits conseils en compte pour les prochains articles et je vais essayer d’améliorer tout ça. En tout cas un grand merci pour avoir pris le temps de me lire et de laisser un mot.

Laisser un commentaire